Principaux renseignements
- La pénurie de carburant et les pertes liées au raffinage font peser une menace de stagflation sur la Russie.
- La hausse des dépenses militaires accélère l’inflation et épuise les réserves nationales.
- Les indicateurs économiques laissent entrevoir une récession potentielle à long terme.
La Russie est confrontée à une pénurie de carburant qui ne cesse de s’aggraver et qui a suscité des mises en garde contre une stagflation, caractérisée par une combinaison dangereuse de stagnation de la croissance économique et de hausse de l’inflation. La perte d’une part substantielle des capacités de raffinage du pays a fait grimper les coûts d’exploitation des entreprises et entravé la productivité industrielle, ce qui conduit les experts à craindre un ralentissement économique à long terme.
Récession imminente
Des données récentes mettent en évidence ce déclin : une enquête de la Banque centrale réalisée en juin fait état d’une chute significative de l’activité des entreprises. Cette baisse de l’indicateur du climat des affaires annonce souvent une crise imminente. Certains analystes suggèrent que l’économie pourrait déjà être entrée en récession, d’autant plus que le ministère du Développement économique a fait état d’une maigre croissance du PIB de 0,2 pour cent entre janvier et mai, laissant entendre qu’une contraction a probablement commencé en juin.
Parallèlement à ce ralentissement, l’inflation grimpe. Des hausses de prix ont été observées en juin et se sont poursuivies début juillet, alimentant les anticipations selon lesquelles les coûts resteront élevés. Cela place la Banque centrale dans une position délicate : augmenter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation pourrait freiner davantage la croissance, tandis que les baisser pour stimuler l’économie risquerait d’accélérer la hausse des prix.
Dépenses de guerre
Le conflit en cours en Ukraine a compliqué ces décisions budgétaires. Selon la Banque de Finlande, l’augmentation des dépenses publiques et l’aggravation du déficit budgétaire amplifient les pressions inflationnistes. De plus, le Center for Strategic and International Studies note que l’escalade des dépenses militaires pourrait bientôt devenir insoutenable. D’autres chercheurs soulignent que la Russie épuise ses réserves et devient de plus en plus dépendante de la Chine.
Déclin industriel
Les prévisions nationales sont également devenues pessimistes. Le Centre d’analyse macroéconomique et de prévisions à court terme a indiqué qu’une stagflation était déjà en cours, prévoyant une récession qui débuterait au plus tard en juillet et pourrait durer plus d’un an. La Promsvyazbank a revu ses projections de croissance à la baisse, avertissant que le pays pourrait être pris au piège d’une longue période de stagnation et que l’impact total de la crise des carburants n’était peut-être pas encore pleinement mesurable.
L’impact concret sur l’industrie est déjà manifeste. Rosstat a fait état d’une baisse de 13,5 pour cent en glissement annuel de la production de produits pétroliers raffinés pour le mois de mai, contribuant à un recul général de la production industrielle. La Banque centrale a noté que les défaillances des raffineries ont également entravé les exportations de pétrole brut et perturbé le transport de marchandises et le commerce de gros.
À quelle vitesse la Russie pourra-t-elle se remettre ?
Alors que la Banque centrale estime que ces pressions sont passagères et que le gouvernement résoudra le problème, les critiques affirment que la reprise sera lente. Selon certains rapports, le rétablissement des 40 pour cent de capacité de raffinage perdue pourrait prendre bien plus de deux mois.
De plus, une nouvelle hausse de l’inflation est attendue vers la fin de l’année en raison des paramètres du budget 2027 à venir et d’une augmentation prévue de 11,9 pour cent des tarifs des services publics pour les ménages à partir d’octobre. (fc)
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