Principaux renseignements
- La Russie déplace des systèmes de défense aérienne depuis l’Arctique afin de mieux protéger les principaux pôles industriels.
- Le manque de ressources oblige la Russie à privilégier les cibles de grande valeur plutôt qu’une couverture géographique complète.
- Les systèmes radar obsolètes peinent à intercepter les drones ukrainiens volant à basse altitude.
Pour contrer l’escalade des attaques de drones ukrainiens contre les infrastructures critiques, la Russie déplace ses moyens de défense aérienne depuis les régions septentrionales isolées vers des pôles industriels plus vulnérables.
Ce redéploiement stratégique découle de la prise de conscience qu’il est impossible, en raison de l’immensité géographique de la Russie, de maintenir une couverture totale dans toutes les régions. Les responsables militaires sont donc contraints de donner la priorité à des cibles spécifiques de grande valeur plutôt qu’à d’autres.
Défense aérienne dans l’Arctique
Des images satellites de Radio Free Europe/Radio Liberty mettent en évidence cette évolution. Elles montrent que la plupart des systèmes de défense aérienne de la base aérienne de Rogachevo, sur la Nouvelle-Zemble, ont été retirés. Bien que cette base arctique reste un site important pour les avions d’interception MiG-31 et l’expansion militaire vers le nord, le ministère de la Défense a estimé que le niveau de menace actuel était suffisamment faible pour justifier le transfert de matériel.
Katarzyna Zysk, de l’Institut norvégien d’études de défense, affirme que cette mesure met en évidence un écart croissant entre le nombre de sites nécessitant une protection et les ressources et effectifs disponibles. C’est ce qu’elle a déclaré au National Security Journal.
Des périmètres de défense en mutation
Il ne s’agit pas d’un incident isolé ; des éléments indiquent qu’environ 60 pour cent des unités S-300 et S-400 ont été déplacées depuis l’invasion de 2022. À Severodvinsk, centre de production de sous-marins nucléaires, des dizaines de ces systèmes ont été transférés. Bon nombre de ces batteries apparaissent désormais dans le sud-ouest, notamment près de la raffinerie de pétrole de Saratov, qui a été une cible fréquente des drones ukrainiens. Certains systèmes ont même été repérés dans des endroits inattendus, tels que des parcs urbains.
Dilemme de la défense contre les drones
La situation actuelle met en évidence une faiblesse fondamentale dans la planification militaire russe. La défense aérienne russe était traditionnellement axée principalement sur les avions de l’OTAN et les missiles de croisière. Elle est donc moins bien équipée pour détecter et abattre de petits drones volant à basse altitude. Bien qu’elle ait introduit une technologie de drones similaire dans le conflit via l’Iran, Moscou peine désormais à défendre son propre cœur du pays contre ces mêmes tactiques.
Nouvelles priorités
Le président Poutine a depuis déclaré que le renforcement des défenses aériennes constituait un objectif national prioritaire. Ces ajustements semblent porter partiellement leurs fruits, puisque les récentes attaques de drones à grande échelle contre Moscou et les tentatives de déploiement de missiles FP-5 Flamingo ont conduit à des taux d’interception plus élevés. L’armée russe continue toutefois de réagir maladroitement face à cette menace en constante évolution.
Vulnérabilité persistante
En fin de compte, la Russie reste vulnérable aux attaques par saturation et aux tactiques non conventionnelles. La défense contre les systèmes sans pilote constitue un défi croissant à l’échelle mondiale. Tant que l’Ukraine continuera à cibler les infrastructures pétrolières et de carburant, la Russie devra continuer à redéployer ses moyens de défense aérienne pour combler les failles de son vaste réseau de défense. (lv)
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