La menace russe de doubler les prix du gaz ravive le débat sur l’énergie en Belgique

Après le blocage du projet de gazoduc Nord Stream 2, l’ancien Premier ministre russe Dmitri Medvedev menace de faire doubler les prix du gaz en Europe par rapport à aujourd’hui. C’est un argument supplémentaire pour le front contre la sortie du nucléaire belge.

« Bienvenue dans une nouvelle réalité dans laquelle les Européens paieront très bientôt 2.000 euros pour 1.000 mètres cubes de gaz naturel », a tweeté Medvedev, un allié fidèle du président Vladimir Poutine.

L’ancien Premier ministre et ex-président réagissait à la décision du chancelier allemand Olaf Scholz d’interrompre le processus d’approbation de Nord Stream 2, le gazoduc supplémentaire qui achemine le gaz russe vers l’Europe via l’Allemagne.

Le prix du gaz naturel en Europe est aujourd’hui d’environ 830 euros par 1.000 mètres cubes. Medvedev menace donc de plus que doubler ce montant. Par rapport à certains contrats à long terme avec l’Allemagne, les augmentations de prix seraient encore plus élevées.

Impact sur la Belgique

En Belgique, les opposants à la sortie du nucléaire considèrent le chantage à peine dissimulé de Medvedev comme une preuve supplémentaire que la fermeture prévue mais contestée des dernières centrales nucléaires, accompagnée d’un passage aux centrales à gaz, serait une erreur stratégique.

« Arrêtez maintenant cette sortie nucléaire insensée », a tweeté le président de la N-VA, Bart De Wever, en faisant référence à Medvedev.

Selon la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen), l’escalade de la crise ukrainienne n’entraîne pas de risque majeur pour l’approvisionnement de la Belgique, a-t-elle déclaré à la Chambre, car seulement 4 % de notre gaz provient de Russie.

Mais les critiques, dont le président du MR Georges-Louis Bouchez, rappellent que l’Allemagne importe 55 % de son gaz de Russie et mettent en garde contre les conséquences indirectes. Si Poutine devait couper l’approvisionnement en gaz de l’Allemagne, cela pourrait ébranler l’ensemble du marché européen du gaz, entraînant une hausse des prix, affirment-ils. En moyenne, 40% du gaz européens vient de Russie.

Besoin de plus de centrales à gaz ?

La tension dans le dossier énergétique belge a été renforcée par l’agitation suscitée par un rapport préliminaire du gestionnaire de réseau Elia, qui a été fortement critiqué dans un avis du régulateur de l’énergie, la CREG, en raison de plusieurs hypothèses douteuses.

Mais surtout : à partir des chiffres d’Elia, la CREG déduit que d’ici 2026, il faudra peut-être deux centrales à gaz supplémentaires, en plus des deux centrales à gaz actuellement prévues à Vilvorde et aux Awirs (Liège), rapporte la VRT NWS.

Entre-temps, l’avis de la CREG a été mis hors ligne et des consultations entre la CREG et Elia seraient en cours.

Pétrole

Comme si tout cela ne suffisait pas, la fédération pétrolière Energia souligne dans un calcul que la Russie est le premier pays importateur de pétrole brut pour la Belgique. En 2020, 32 % du pétrole brut importé provenait de Russie, suivie du Moyen-Orient avec 24 %.

Si la Russie cesse d’être un fournisseur, il en résultera presque certainement une augmentation des prix.

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