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‘La honte’, ‘Dictateur’: la colère contre le régime monte en Iran

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Politique

13/01/2020 | Baptiste Lambert | 5 min de lecture

Samedi 11 janvier, des manifestants se réunissent à Téhéran et demandent des comptes au régime. Credit : Ali Shaeigan/Parspix/ABACAPRESS.COM

L’union sacrée n’aura pas tenu bien longtemps en Iran. L’énorme bourde qui a conduit au crash du Boeing d’Ukraine International Airlines fait des vagues et une partie de la population appelle à la chute du régime. Comme en novembre dernier, avant l’escalade du conflit avec les États-Unis.

Les autorités iraniennes n’avaient plus le choix. Après trois jours d’une communication plus que hasardeuse, elles ont finalement reconnu le tir accidentel d’un missile qui a causé la mort de 176 personnes, dont de nombreux Canadiens et Iraniens, le 8 janvier dernier. Repoussées dans leurs derniers retranchements, elles savaient que la vérité allait finir par éclater.

Cette vérité, elle tient en dix petites secondes. Le temps qu’il a fallu pour décider de procéder au tir. Un problème de communication au sein de l’armée et des Gardiens de la Révolution, qui disent en assumer ‘la pleine responsabilité’, est à l’origine de ce tir accidentel.

Un tir qui est aussi la conséquence ‘de l’aventurisme américain’, comme l’a épinglé le ministre des Affaires étrangères. L’Iran était en effet en état d’alerte maximal et sa défense antiaérienne activée.

Il n’empêche que cet accident tombe au plus mauvais moment pour le régime, lui qui avait réussi à rassembler la population derrière lui suite à l’assassinat ciblé du général et désormais martyr Quassem Soleimani. L’union nationale s’est très vite désintégrée, dès le samedi suivant, quand des étudiants se sont rassemblés face à l’Université Amir-Kabir de Téhéran pour dire tout le mal qu’il pensait du régime et de son chef, Ali Khamenei.

Le guide suprême y a été traité de ‘dictateur’. On peut aussi entendre des ‘Sans honneur ! Sans honneur !’ ou encore des Mort aux menteurs’. Même la presse, largement contrôlée par le régime, titre des ‘Impardonnable’, ‘La Honte’ ou encore ‘Excusez-vous, démissionnez!’. Et les réseaux sociaux s’affolent, en particulier Instagram, très populaire en Iran, derrière le hashtag ‘#TroisJoursDeMensonges’.

Quand le régime iranien facilite la tâche de Trump

Donald Trump en a profité et a enjoint le régime iranien de ne ‘pas tuer les manifestants’, comme cela s’est produit en novembre dernier, quand 1.500 d’entre eux ont perdu la vie, selon Amnesty International, et que le pays a été coupé d’Internet.

Samedi soir, les forces de sécurité n’auront pas tardé à disperser la foule avec des gaz lacrymogènes. Mais un appel a été lancé pour le lendemain et suivi dans de nombreuses villes du pays.

Le but de l’administration Trump reste de faire tomber le régime. C’est à la lumière de cet objectif qu’il faut lire le retrait de l’accord sur le nucléaire et les nouvelles sanctions économiques. L’assassinat de Soleimani, dans cette perspective, avait été peu compris. Mais le régime iranien semble avoir facilité la tâche de Donald Trump qui se range à nouveau du côté de la population iranienne (ou en tout cas une partie d’entre elle). Pour certains experts, le temps du régime est compté.

Ici, on voit des étudiants soigneusement éviter de piétiner les drapeaux américain et israélien

Source: BusinessAM


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