La France s’oppose au projet de l’UE visant à rédiger les accords commerciaux exclusivement en anglais


Principaux renseignements

  • La Commission européenne souhaite rédiger les documents exclusivement en anglais afin d’accélérer l’adoption des accords commerciaux.
  • La France s’oppose au projet visant à protéger la diversité linguistique et la transparence démocratique.
  • Les retards dans les traductions coûtent actuellement à l’UE des milliards en perte de PIB et de potentiel d’exportation.

La France devrait s’opposer à une initiative de la Commission européenne visant à accélérer l’adoption des accords commerciaux, selon Euronews.

La proposition prévoit que seuls des documents en anglais soient utilisés lors des discussions avec les législateurs européens et les États membres, ce qui contourne la traduction immédiate des textes dans les 24 langues officielles de l’Union.

Une recherche d’efficacité

La Commission cherche de nouveaux marchés alors que l’instabilité mondiale s’accentue. Dans le même temps, elle s’irrite de la lenteur de la ratification de l’accord UE-Mercosur. Selon le commissaire au commerce, Maroš Šefčovič, le processus juridique de traduction des documents dans la langue de chaque État membre peut entraîner des retards de plusieurs mois.

Il a souligné les pertes économiques considérables causées par ces contretemps et a fait remarquer que l’absence d’accord avec le Mercosur depuis 2021 a entraîné des pertes de plusieurs milliards d’euros en termes de PIB et de potentiel d’exportation. Selon Šefčovič, le climat géopolitique actuel ne laisse aucune place à une telle inefficacité. Il a proposé d’utiliser le récent accord commercial avec l’Inde comme projet pilote pour cette approche, dans le cadre duquel les documents seraient d’abord rédigés en anglais.

Opposition française

Dans le cadre de ce projet, les traductions complètes ne seraient fournies qu’après la ratification officielle des accords et leur publication au Journal officiel. Alors que Šefčovič a indiqué qu’au moins sept États membres soutenaient cette idée, les autorités françaises ont manifesté une forte opposition.

La France considère cette mesure comme une violation du principe et insiste sur la protection de toutes les langues de l’UE, en particulier le français, qui reste l’une des trois principales langues de travail de l’Union.

Tensions politiques

Ce différend met en évidence une tension politique plus profonde liée au déclin de l’influence du français au sein des institutions de l’UE, où l’anglais est devenu le moyen de communication dominant.

Les responsables français avertissent que l’abandon du multilinguisme lors de la phase de ratification soulève d’importantes préoccupations juridiques et démocratiques.

Préoccupations en matière de transparence

Des détracteurs et des experts en politique linguistique, tels que Michele Gazzola, suggèrent que la Commission pourrait tenter d’imposer l’anglais comme langue dominante, en traitant les autres langues officielles comme secondaires.

Gazzola a souligné que le fait de s’appuyer exclusivement sur l’anglais pourrait entraver la capacité des parlementaires nationaux et européens à saisir pleinement les nuances de ces accords, compromettant ainsi la transparence et la précision. (lv)

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