La fin du zéro-covid chinois, ce n’est vraiment pas pour tout de suite

Depuis près de deux mois, de larges zones en Chine, d’une grande importance économique, sont, l’une après l’autre, en confinement. Selon certains analystes, le marasme économique qui en suivait pourrait pousser la Chine à changer de stratégie, mais il n’en est rien : les officiels du Parti communiste réaffirment la volonté du pays à suivre la stratégie stricte du zéro-covid.

La Chine opère des confinements stricts de larges parties du pays pour endiguer une nouvelle vague d’infections, ce n’est un secret pour personne. Ces confinements de zones industrielles et de ports cependant poussent le pays vers un marasme économique, et auront également un impact sur l’économie mondiale. La croissance chinoise semble menacée, ce qui fait que de nombreuses sources se demandent si la Chine pourrait changer de cap.

En mars, le président Xi Jinping avait même laissé planer le doute, en annonçant : « La Chine doit s’efforcer de parvenir à un maximum de prévention et de contrôle au moindre coût, et réduire au minimum l’impact de l’épidémie sur le développement économique et social ». Avec les termes « réduction au minimum de l’impact sur l’économie », certains analystes voyaient une lueur d’espoir pour que la Chine prenne en compte l’impact de ces confinements hyper-stricts, et pour qu’elle abandonne la stratégie zéro-covid, à terme.

Ces commentaires avaient été faits lors d’un politburo, réunion de Xi Jinping avec ses plus proches conseillers. Jeudi passé, ils se sont réunis à nouveau, et ont formellement douché ces premiers espoirs. Le pays doit se rallier derrière les décisions du Parti communiste, et « se battre résolument » contre tous ceux qui se prononcent contre la stratégie, annoncent des officiels après la réunion, relayés par CNBC. Un appel au silence qui intervient en même temps que le musèlement de personnes qui parlaient des complications de la situation économique.

« L’économie serait sérieusement affectée »

Les commentaires d’après la réunion ne mentionnaient ainsi plus du tout la réduction de l’impact sur l’économie. Au contraire, le communiqué, consulté par CNBC, indique qu’un relâchement des mesures de confinement et de testing massif et régulier provoquerait des « infections à grande échelle, des cas sérieux de maladie et des décès, et l’économie, la sécurité et la santé des personnes seraient sérieusement affectées ».

Dans le même temps, les différentes banques d’investissement et autres institutions financières abaissent tour à tour leurs prévisions pour la croissance chinoise. Sur les deux prochains trimestres, certaines s’attendent désormais à des taux de croissance négatifs, ce qui est un synonyme de récession.

La Chine, de son côté, annonce alors plusieurs mesures pour stimuler l’économie. La semaine dernière également, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé des réductions dans les coûts de certains services collectifs pour les employeurs, ainsi qu’une enveloppe de prêts contenant l’équivalent de 230 milliards d’euros. Une semaine plus tôt, le président Xi Jinping avait déjà annoncé des investissements massifs dans l’infrastructure. Certaines sources spéculent sur le fait qu’il pourrait aller jusqu’à sortir le « bazooka financier« . Les dirigeants montrent ainsi qu’ils prennent tout de même en compte le fait qu’il y a un ralentissement de l’activité et de l’économie.

En attendant, la Chine semble déterminée à continuer sa stratégie zéro-covid. Le nombre de cas rapportés est cependant singulièrement bas, et même en baisse, rapporte CNBC : 356 cas sur l’ensemble du pays (principalement à Shanghai), avec développement de maladie, signalés mercredi. Soit moins d’un dixième de la moyenne belge d’infections (avec développement de symptômes ou non) des derniers sept jours. D’un point de vue occidental, un confinement pour un nombre de cas si peu élevé serait impensable.

La situation est cependant différente : la Chine est peuplée de manière plus dense, et le vaccin administré, Sinovac, est réputé moins efficace contre les nouveaux variants que les Pfizers, Moderna et compagnie. Les chiffres officiels chinois peuvent également ne pas être la plus juste représentation de la réalité. Mais toujours est-il que le seul espoir pour un relâchement semble effectivement être le fait qu’il n’y ait plus aucun cas pendant une période donnée.

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