Zéro-covid ou stabilité économique? La Chine, de plus en plus sous pression, commence-t-elle à vouloir changer de cap?

Le régime strict appelé zéro-covid a-t-il montré ses limites? Face à la résurgence sans précédent de cas, la Chine pourra-t-elle sacrifier sa reprise économique pour s’enhardir derrière sa stratégie de confinement? Des premiers signes montrent que le vent pourrait être en train de tourner.

Shenzhen, avec ses 17 millions d’habitants, est confinée. Shanghai, avec ses 27 millions d’habitants, voit une augmentation des cas, et pourrait basculer vers le confinement. La première abrite un important port maritime et est l’équivalent chinois de la Silicon Valley. La deuxième est la capitale économique du pays.

La Chine suit une politique zéro-covid très stricte. Une stratégie de testing massive, de sorte que, dès un certain nombre de cas, une zone entière peut être confinée. La stratégie a des impacts importants sur l’économie chinoise, l’anticipation de la croissance a déjà été revue à la baisse, et les chaines d’approvisionnement mondial, déjà sous pression depuis la fin du premier confinement, situation exacerbée depuis le début de la guerre, pourraient encore subir des retards importants à cause des confinements des grands ports chinois, comme Shenzhen à l’heure actuelle.

Le vent commence-t-il à tourner?

Cette situation met la Chine dans l’embarras. Ses exports notamment représentent une grande partie de son PIB. Et les dirigeants semblent être en train de reconnaître l’impact des mesures sur l’économie. « La Chine doit s’efforcer de parvenir à un maximum de prévention et de contrôle au moindre coût, et réduire au minimum l’impact de l’épidémie sur le développement économique et social », annonce le président Xi Jinping jeudi, lors d’une réunion politique, cité par CNN.

Les paroles de Xi Jinping ne sont pas une annonce claire de la fin des mesures strictes, mais le vent semble être en train de tourner. Car la Chine fait actuellement face à la plus importante résurgence de cas jamais enregistrée. Ainsi, la continuation des mesures pourrait avoir de graves répercussions sur l’économie : Goldman Sachs, cité par CNN, calcule que si 30% de la Chine est confiné pendant quatre semaines, la croissance pourrait être réduite d’un point de pour cent. Pour Nomura, atteindre les 5,5% de croissance en 2022, en gardant la stratégie, semble presque impossible. Par peur de plus de confinements, les investisseurs se sont également massivement débarrassés de leurs actions chinoises, créant de grandes chutes en début de semaine.

Ainsi, mercredi, le principal consultant économique de Xi Jinping, le vice-premier ministre Liu He, avait indiqué que le contrôle du virus devrait être coordonné avec le développement économique. Il s’est également engagé à « substantiellement » stimuler la croissance, et à vouloir garder de la stabilité sur les marchés financiers.

Premiers signes de relâchement?

A Shenzhen, confinée après 66 cas, les autorités ont annoncé jeudi que les entreprises allaient pouvoir reprendre les activités, de manière « ordonnée ». Le confinement avait été annoncé dimanche dernier. Foxconn, fournisseur d’Apple, notamment annonce avoir repris ses activités, mais ses sites de production sont totalement isolés du reste de Shenzhen, dans une « boucle fermée » qui fait partie des mesures sanitaires, mais qui montre déjà un octroi de certaines possibilités.

Zéro-covid (alors que le variant Omicron a été la décrue de l’épidémie dans de nombreux pays occidentaux) ou stabilité financière? Les deux poids sont sur la balance. En continuant sa stratégie, les dommages économiques vont également mettre de plus en plus de pression sur la Chine pour arrêter cette stratégie. Jusqu’où pourra-t-elle aller? Un arrêt soudain des mesures n’est sans doute pas à prévoir, mais la Chine pourrait petit à petit lâcher du lest.

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