La fin du « Donald Trump Show »: les médias américains prennent des coups

Cinq mois après le départ de l’ancien président Trump de la Maison-Blanche, les médias américains pansent leurs profondes plaies. Les éditeurs et les médias audiovisuels, qui sont dépendants d’une atmosphère de guerre permanente, voient leur public se réduire.

Pourquoi est-ce important ?

Les médias qui se sont toujours fait une spécialité d’attirer l'attention du public selon la devise "enragement is engagement" sont à la peine à l'ère du président Biden.

Le trafic sur les applications et les sites web, ainsi que l’engagement sur les réseaux sociaux est considérablement en baisse. Tant sur les chaînes de droite que de gauche, selon une analyse d’Axios.

Le groupe média d’extrême droite, qui comprend Newsmax et The Federalist, a vu son trafic total chuter de plus de 44% entre février et mai par rapport aux six mois précédents, selon les données de Comscore. Mais les médias de gauche, comme Mother Jones et Raw Story, sont également à la peine avec une diminution de 27%.

Pour les éditeurs grand public comme le New York Times, le Wall Street Journal, USA Today et Reuters, la baisse se limite à 20% en moyenne.

Les réseaux sociaux sont les grands perdants

Les grands perdants sont les réseaux sociaux, qui déplorent un engagement en chute libre. Les pages des médias partisans précités ont vu les interactions sociales sur leurs posts chuter de plus de 50%. Avec une baisse de 42%, les grands médias généralistes ne font guère mieux.

La cause de cette débandade n’est pas à chercher bien loin. Les controverses incessantes, et souvent personnelles, qui étaient la règle sous l’ex-président Donald Trump sont désormais largement absentes à l’ère de Joe Biden.

Sous Trump, l’hystérie était devenue la norme au pays des médias américains. Mais cette hystérie a également sauvé de nombreux médias de la ruine, après qu’une série de grands titres aient dû déposer le bilan au cours des années Obama (2008 – 2016).

« Enragement is engagement », la règle d’or à l’ère du clic

Mais c’est exactement là que se situe désormais le problème. Les grands médias avaient adopté une telle position anti-Trump ces dernières années qu’ils ne savent plus aujourd’hui où donner de la tête. Ce n’est pas pour rien que « enragement is engagement » est la règle d’or à l’ère du clic. Cela s’applique non seulement à la chaîne Fox News, favorable à Trump, mais également aux médias de centre-gauche, qui ont inlassablement diabolisé Trump au cours des quatre dernières années.

L’hystérie était devenue la norme dans les médias américains

Sur le plan commercial et financier, les deux camps avaient tout intérêt à ce que Donald Trump soit réélu. La quasi-totalité des grands journaux et des chaînes de télévision ont vu leurs ventes et leurs taux d’audience doubler, voire tripler, au cours des quatre dernières années. Les médias ne se lassaient pas de la présidence de Trump, champion du monde de l’autopromotion. Le « Donald Trump Show » était une affaire en or.

Pour les médias, la réélection de Donald Trump était donc le scénario rêvé ultime. Par ailleurs, les médias profitent traditionnellement de l’élection d’un président du parti opposé. Il est remarquable que, cette fois, les médias de droite figurent parmi les perdants.

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