La fermeture de l’espace aérien européen à la Russie a une grosse faille: voici comment les Russes réussissent à voyager en France ou en Italie

En réaction à la guerre en Ukraine, l’Union européenne et bon nombre d’autres pays européens non membres de l’UE ont interdit l’accès à leur ciel aux compagnies russes – et inversement. Mais un pays du continent ne les a pas rejoints: la Serbie. Elle constitue dès lors LA porte d’entrée aux voyageurs russes vers l’Europe.

Décidée à rester neutre à l’égard du conflit, la Serbie a choisi de ne pas fermer son espace aérien aux compagnies russes. Forcément, Moscou n’a pas agi non plus: le pays des Balkans ne fait pas partie de la liste des 36 dont les compagnies aériennes sont interdites en Russie. Ce qui rend sa situation de Belgrade exceptionnelle au sein du continent européen.

« Presque tous les vols sont complets »

La capitale serbe fait désormais office de plaque tournante pour les voyageurs russes désireux de se rendre dans des pays européens, où leur venue en tant que telle n’est pas interdite. Ainsi, pour contourner les sanctions européennes, il suffit aux Russes de prendre un avion pour Belgrade, puis de rejoindre la destination européenne de leur choix.

Le nombre de sièges entre la Russie (Moscou et Saint-Pétersbourg) et la Serbie (Belgrade) a augmenté d’environ 50% au cours de la première semaine de mars par rapport aux niveaux d’avant-guerre. Air Serbia aurait même décidé de changer l’utilisation d’un gros porteur Airbus SE A330: auparavant mobilisé pour les vols vers New York, il sert maintenant aux liaisons avec la Russie.

« Nous sommes devenus une plaque tournante, de manière assez inattendue », a confié à Bloomberg un agent commercial de l’aéroport de Belgrade, sous couvert d’anonymat. « Je ne me sens pas bien à l’idée de profiter du malheur de quelqu’un, mais c’est incroyable. Presque tous les vols sont complets, et le prix du billet n’est pas un problème. »

Destinations touristiques

Dans le même temps, les voyages depuis la Serbie à destination de pays tels que la France, la Suisse, l’Italie et Chypre ont augmenté de près de deux tiers, selon le spécialiste des tendances en matière de billetterie ForwardKeys.

Les voyageurs russes en sont évidemment l’explication. Les chiffres sont éloquents: Chypre, par exemple attire désormais 8% des Russes en transit à Belgrade, contre 0,3% en janvier. La France est passée à 7%, la Suisse à 6% et l’Italie à 5%… alors que ces chiffres y étaient inférieurs à 1% avant la guerre.

En janvier, les Russes qui transitaient par la Serbie avaient principalement (85%) le Monténégro comme destination finale. Cette proportion est à présent tombée à 40%.

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