La Commission européenne vise toujours de vacciner la majorité de la population d’ici fin juin

AstraZeneca coronavaccin
Isopix

C’est un fait : la vaccination en Europe est loin d’être aussi rapide que prévu. En trois mois, seuls 12,8% de la population de l’Union européenne a reçu au moins une dose du vaccin. En cause, des retards dans les livraisons des doses de vaccins. Pourtant, la Commission européenne garde espoir et pense réussir à vacciner 50% de la population d’ici la fin juin.

Cette affirmation se trouve dans un mémo, qui a pu être lu par Bloomberg, datant du 1er avril. Cette note calculait les livraisons de vaccins au sein de l’Union européenne au cours des prochains mois. En fonction de ces livraisons, il était alors possible d’estimer le nombre de personnes qui pourraient recevoir au moins une dose si la vaccination nationale tournait à plein régime.

Résultat : Une grande partie des pays membres de l’Union européenne pourront vacciner plus de 50% de leur population d’ici la fin juin. Ce devrait être le cas, par exemple, de l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas, révèle Bloomberg. Le premier objectif de l’UE était de vacciner 70% des adultes, soit environ 55 à 60% de la population selon les pays, avant la fin de l’été. L’objectif pourrait donc, selon ces derniers calculs, être atteint un peu en avance.

L’adhésion à AstraZeneca

La note prend en compte l’adhésion des pays aux vaccins AstraZeneca. La question des thromboses a fait une très mauvaise publicité au vaccin. Si cet effet secondaire est assez rare (22 cas sur 18,1 millions de doses AstraZeneca), il a toutefois eu des effets sur les règles d’inoculation dans certains pays européens. L’Allemagne et les Pays-Bas l’interdisent aux moins de 60 ans ; la France aux moins de 55 ans. Ce qui limite fortement la distribution.

Plus la vaccination va avancer, moins il y aura de personnes âgées à vacciner, puisqu’elles étaient prioritaires. Les pays appliquant une règle sur le vaccin AstraZeneca pourront de moins en moins l’utiliser et devront alors se concentrer sur les vaccins Pfizer et Moderna pour les plus jeunes.

Les livraisons

La vaccination dépendra toujours des livraisons des entreprises pharmaceutiques. Si elles ont encore des retards – malgré les nouvelles règles européennes pour bloquer les doses produites en Europe – les calculs évoqués dans cette note ne seront plus valables.

En outre, ce sont ces livraisons qui marquent aussi de grosses différences entre les pays. L’AstraZeneca étant moins cher que le Pfizer ou le Moderna, certains États membres comme la Bulgarie ont misé beaucoup plus sur le vaccin britannique. Mais avec le retard des livraisons problématiques de cette firme, ces pays sont à la traîne. Ils n’auront probablement pas récupéré leur retard d’ici trois mois – et ce, bien que l’UE se soit arrangée pour leur redistribuer une partie des doses livrées.

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