La bulle canadienne du cannabis est-elle en train d’éclater?

Ce qui a commencé comme un nouveau secteur prometteur a souffert de la chute des ventes et des mauvais résultats des marchés boursiers.
Les points de vente comme celui-ci en Ontario sont trop peu nombreux. PHOTO – Lars Hagberg/The Canadian Press via AP

Ce qui a commencé comme un nouveau secteur prometteur a souffert de la chute des ventes et des mauvais résultats des marchés boursiers. Quel est le problème avec l’industrie du cannabis au Canada ?

En octobre dernier, le Canada était le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis. Les producteurs, les investisseurs et les entrepreneurs étaient euphoriques quand ils ont entendu prédire que la vente de produits du tabac vert s’élèverait bientôt à des milliards de dollars.

Un peu plus d’un an s’est écoulé. Il semble que la bulle de cannabis est sur le point d’éclater. Plus tôt ce mois-ci, les principaux fournisseurs du Canada ont publié des résultats trimestriels décevants. Les effets liés à l’herbe ont massivement été sous-évalués sur les indices boursiers, selon l’analyste boursier The Motley Fool. Ce qui s’est révélé être un nouveau secteur prometteur est maintenant le mouton noir des investisseurs. Les entreprises canadiennes de cannabis se comportent beaucoup moins bien que prévu pour diverses raisons.

Les scandales

Plusieurs colosses verts ont rapidement été discrédités après leurs débuts. CannTrust Holdings, l’un des producteurs de cannabis les plus importants et les plus réputés au Canada, a finalement cultivé et vendu du mauvais cannabis pendant cinq mois dans cinq serres encore non contrôlées par le gouvernement. Ils ne disposaient donc pas de permis légaux, un grand tabou dans un secteur qui venait de sortir de l’illégalité. CannTrust a ainsi perdu son permis de vente de cannabis. 

Plusieurs dirigeants du concurrent de CannTrust, Aphria Inc, se sont enrichis en évitant les impôts. Le chef de la direction, Vic Neufeld, a du lui démissionner. Depuis, sa part a chuté de plus de 50 %. 

Namaste Technologies, une autre société de cannabis davantage axée sur le commerce électronique, a également dû laisser partir son PDG, Sean Dollinger, à cause de pratiques frauduleuses. Namaste a également vu le cours de ses actions chuter de plus de 70 %. 

Problèmes sur le marché canadien

Le problème le plus important est peut-être le manque de points de vente. L’obtention d’une licence de vente au détail est extrêmement lente et soumise à une réglementation très lourde. Par conséquent, il y a tout simplement trop peu de magasins de cannabis pour vendre le produit. De nombreux amateurs de cannabis restent donc dépendants du marché noir. 

Le gouvernement canadien a promis d’accélérer le processus de délivrance de licences. Pour la première fois, des produits dérivés tels que des spacecakes et des boissons au cannabis seront également bientôt disponibles sur le marché. Ces produits peuvent donner au secteur un coup de pouce bien nécessaire.