La Belgique ne veut pas participer à la guerre des vaccins d’Ursula von der Leyen

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne (John Thys, Pool via AP/Isopix)

L’Europe se rebelle contre sa principale cible: AstraZeneca. Une bonne idée ?

  • Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a quelque chose à se faire pardonner. L’Union européenne a subi d’immenses dommages ces dernières semaines parce qu’elle n’a pas réussi à organiser la vaccination de manière appropriée.
  • Tout est lié à l’avarice qui a guidé Mme von der Leyen lors des négociations avec les fabricants de vaccins. Les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël leur ont accordé des contrats beaucoup plus généreux. Résultat: l’UE se retrouve à la fin de la file d’attente.
  • Mme von der Leyen mène actuellement une petite guéguerre contre AstraZeneca: elle veut faire interdire l’exportation des vaccins fabriqués à Leyde aux Pays-Bas, dont la majeure partie est généralement acheminée au Royaume-Uni. Jusqu’à présent, 10 millions de vaccins ont quitté les Pays-Bas pour le Royaume-Uni. Dans l’autre sens, pas un seul vaccin n’a encore quitté le Royaume-Uni, où se trouvent les deux usines d’AstraZeneca, pour l’UE.
  • De son côté le Premier ministre britannique Boris Johnson se débrouille très bien avec sa campagne de vaccination réussie alors qu’il était complétement sous pression: une humiliation supplémentaire pour l’UE. Le Brexit semble porter immédiatement ses fruits pour Johnson. Mais le Premier ministre britannique comprend bien le danger des plans de von der Leyen. Cette semaine, il était déjà au téléphone avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, afin d’essayer d’empêcher l’interdiction d’exportation des vaccins fabriqués dans l’UE.
  • Alexander De Croo (Open Vld) a également reçu un appel, tout comme son homologue néerlandais Mark Rutten, indique De Standaard. La Belgique compte plusieurs sites de production de vaccins sur son territoire, notamment une usine Pfizer à Puurs. Mais il y a aussi une usine AstraZeneca à Seneffe. Les Pays-Bas sont également un pays avec de nombreux sites de production.
  • Johnson&Johnson n’a pas manqué de souligner qu’il serait impossible d’entrer dans un tel système, s’il n’y avait soudainement plus aucune certitude sur le fait que la production ne puisse sortir d’Europe.
  • C’est pourquoi la Belgique reste prudente. AstraZeneca concentre toutes les tensions: cette société a systématiquement manqué aux objectifs de production promis à l’UE. Mais pour Pfizer, c’est une autre histoire: l’entreprise a parfaitement respecté son contrat avec l’UE. Il serait donc particulièrement étonnant de faire payer Pfizer pour les retards d’AstraZeneca.
  • À la fin de cette semaine se tiendra un sommet européen virtuel au cours duquel une décision devra être prise. Mais la pression exercée par un certain nombre de grands pays – dont l’Espagne, l’Italie et la France – pour qu’AstraZeneca reçoive une gifle ferme est très forte. Cela devrait rétablir une certaine confiance dans l’UE parmi les citoyens en colère. Mais en même temps, cela pourrait aussi être dommageable, causant des craintes dans le chef des différentes sociétés pharmaceutiques. Ce qui pourrait avoir un effet en cascade, dont la Belgique serait l’une des victimes collatérales. Beaucoup voient le vaccin de Johnson&Johnson – conçu en Belgique – comme le sauveur et le moyen de contourner les manquements d’AstraZeneca. Lui faire peur semble une bien mauvaise solution.
  • Au fait, la Belgique a officiellement administré 1 million de doses depuis le début de la campagne de vaccination. C’est bien, le Royaume-Uni en a administré 873.784 en un seul dimanche.

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