Hermès va construire la plus grande ferme de crocodiles d’Australie, pour en faire des sacs

Isopix

Le géant français du luxe Hermès a décidé de mettre la main sur une vaste exploitation de melons et de bananes située en Australie, dans le Territoire du Nord . Il compte y installer une immense ferme de crocodiles.

Hermès reste très discret sur le sujet, mais il possède depuis plusieurs années une filiale en Australie qui lui permet de gérer ses propres fermes de crocodiles: PRI Farming. L’entreprise n’a même pas de site internet qui lui est propre. Pourtant, elle permet au géant du luxe de se fournir lui-même en peaux de crocodile, utilisées pour confectionner certains de ses sacs. À la tête de PRI Farming, on retrouve Mick Burns, grande figure de l’industrie du crocodile en Australie, et trois autres dirigeants français, eux-mêmes membres du comité de direction d’Hermès, rapporte ABC.

Bien décidé à poursuivre son expansion en Australie, Hermès a récemment racheté un vaste territoire jusqu’alors utilisé pour la culture de melons et de bananes. Située à Lambells Lagoon (Territoire du Nord), cette exploitation va être transformée en une ferme à crocodiles. Les animaux seront principalement exploités pour leur peau (pour les sacs Hermès). Mais leur viande sera également utilisée pour la création de produits carnés.

Les sacs en croco d’Hermès coûtent généralement entre 17.000 et 25.000 euros – Isopix

Une ferme XXL

PRI Farming (Hermès) a acheté le terrain pour 7,25 millions de dollars australiens (4,5 millions d’euros). Le développement de l’infrastructure coûtera environ 40 millions de dollars australiens (24,6 millions d’euros). Une trentaine d’employés devraient y travailler.

Lors de sa première année, la ferme sera toujours en rodage. Hermès mise sur l’exploitation de 4.000 crocodiles. L’année suivante, elle passera à… 50.000. Ce qui fera d’elle la plus grande ferme d’élevage de crocodiles d’Australie. A elle toute seule, elle augmentera de 50% la présence des crocodiles d’élevage au sein du Territoire du Nord.

D’après les documents soumis par Mick Burns à l’Agence de protection de l’environnement du Territoire du Nord, la ferme comprendra un laboratoire d’incubation des œufs, un couvoir, des enclos d’élevage, des enclos de finition, une zone de ferme ouverte et des zones réfrigérées de préparation et de stockage des aliments.

Des infrastructures de soutien telles qu’un atelier, une ferme solaire, des maisons d’hébergement et des zones de stockage de carburant font également partie des plans.

La ferme disposera notamment d’un labo­ra­toire d’in­cu­ba­tion des œufs et d’un couvoir – Isopix

Hermès et Louis Vuitton, rois du Territoire du Nord

Hermès et Louis Vuitton, deux grands concurrents sur le marché du luxe, se livrent à une bataille à travers le Territoire du Nord australien. Ils possèdent quasiment toutes les fermes de crocodiles de la région.

Le phénomène a débuté il y a dix ans, lorsqu’Hermès a racheté une première exploitation. Craignant que son rival ne s’accapare tout le marché, Louis Vuitton lui a emboîté le pas. Désormais, les deux géants français contrôlent à peu près toutes les fermes.

‘Ils récoltent les œufs dans le Territoire du Nord, élèvent ces crocodiles dans leurs propres fermes, selon leurs propres normes. Et ces normes doivent être excessivement relevées, pour éviter tout dommage sur la peau des animaux. Ensuite ils tannent cette peau selon leurs normes de très haute qualité afin de produire un produit de haute qualité’, explique à ABC Geoff McClure, un consultant en élevage de crocodiles impliqué dans l’industrie depuis les années 1980.

Une région rêvée

Le Territoire du Nord constitue un petit paradis pour Hermès et Louis Vuitton. Les crocodiles locaux ont une peau plus intéressante pour leurs produits. Et la législation en vigueur y est plus souple.

En 2018/2019, plus de 24.600 peaux de crocodile ont été exportées depuis le Territoire du Nord. D’après le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (DENR), l’industrie du crocodile d’élevage dans cette région est estimée à 26,7 millions de dollars australiens (16,4 millions d’euros).