Google Health, c’est terminé : la firme va entièrement revoir sa manière de travailler sur la santé

Google Health comme on l’a connu, c’est terminé : de pôle séparé, la division santé de la firme va être fusionnée dans la masse. Il faut dire que si le projet semblait utile à la recherche médicale, il permettait aussi de stocker les données de millions de patients. A leur insu.

En ces temps de pandémie, les applications à vocation médicale ont évidemment la cote. Mais les GAFA n’ont pas attendu l’arrivée du coronavirus pour s’intéresser au suivi médical de leurs utilisateurs. Comme Google Health, le système d’archivage de données relatives aux soins de santé, lancé dès 2008. Le concept était d’ailleurs aussi simple que novateur, à l’époque : en compilant les données encodées par les patients/utilisateurs, ont pouvait théoriquement recueillir assez d’informations pour affiner les diagnostics, grâce à la magie du deep learning et des statistiques.

Cancer du sein et espionnage

Depuis novembre 2018, le projet Google Health a pris un aspect plus vaste : sous la direction du docteur David Feinberg, la plateforme s’est donnée pour mission d’améliorer la pertinence des résultats de recherche ayant trait à la santé, tant sur Google que sur YouTube. Une tâche sans fin, mais qui avait attiré le soutien de grands groupes d’aide sociale aux États-Unis, comme Ascension, emblématique réseau catholique de 151 hôpitaux, et deuxième entreprise de ce genre dans le pays. Avec des succès probants : Google Health a développé un système qui identifie plus précisément le cancer du sein que ne peuvent le faire les radiologues humains.

Mais le concept a aussi valu à la firme des ennuis judiciaires, quand l’État fédéral américain s’est rendu compte que Google jouait allègrement avec les données relatives à la santé de 50 millions d’Américains. Et ce, sans leur accord. l’affaire avait fait des vagues, d’autant plus car Google présentait cela comme « une pratique courante. »

Mais selon un mémo interne qu’a pu consulter Insider, le sort de Google Health est en sursis. Dans ce document, Jeff Dean, à la tête du département de recherche de Google, annonce que ce projet ne sera plus à considérer comme une entité à part entière. Quant à David Feinberg, il quitte la firme et ne sera pas remplacé. Il avait notamment travaillé sur le système de traçage pour lutter contre la Covid-19, et s’intéressait également à l’utilisation de YouTube comme source d’informations fiables pour les soignants.

Dorénavant, ces efforts de conquérir le champ d’application médical ne seront plus concentrés dans un pôle précis, mais distillés dans l’ensemble de la maison Google, selon un porte parole: « Google croit profondément au pouvoir de la technologie pour améliorer la santé et le bien-être, et nous avons augmenté nos investissements dans la santé à travers l’entreprise. Cela incluait le développement de projets au sein de Google Health, le lancement et l’expansion de fonctionnalités liées à la santé sur Search, Maps et YouTube qui touchent des milliards de personnes, et l’accueil de Fitbit. Aujourd’hui, la santé est un effort croissant à l’échelle de l’entreprise et le nom de Google Health continuera et englobera nos projets qui partagent l’objectif commun d’améliorer les résultats en matière de santé dans le monde »

Bien sûr, il s’agit là de business, avec une volonté de faire de l’argent : l’idée générale sera donc de songer au plan médical dans l’ensemble des programmes en développement de Google, et non plus dans une branche distincte au sein de l’entreprise.

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