Ford est assis sur un butin de 37 milliards… mais n’est pas riche pour autant

Une chaine d'assemblage de Ford
EPA/JEFF KOWALSKY

Le constructeur automobile américain Ford est assis sur un butin de 37 milliards de cash. Pourtant, la firme ne se trouve pas pour autant à l’aise financièrement.

Ford figure parmi les 10 multinationales américaines assises sur les plus grosses montagnes de liquidités, avec son butin de 37 milliards de dollars. Mais elle a tant de défis à relever au cours des prochaines années qu’elle aura besoin de chaque centime.

Ford perd des parts de marché et ses marges commencent à s’en ressentir hors des Etats-Unis. Il a donc lancé un plan de restructuration sur ses branches américaines et sud-américaines qui devrait s’étaler sur plusieurs années, et devrait lui coûter 7 milliards de dollars, selon les estimations de Moody’s.

Un plan de restructuration et une gamme à renouveler

Le constructeur a notamment prévu de supprimer pas moins de 12 000 postes dans ses usines et bureaux européens d’ici la fin 2020. Il s’apprête également à fermer son usine la plus ancienne au Brésil, et de désengager du marché des poids-lourds en Amérique du Sud. 

Il devra aussi revamper certains de ses modèles, et investir encore davantage pour tenir son rang dans la course aux véhicules électriques et autonomes qui s’est engagée avec les autres constructeurs. D’ici la fin de l’année prochaine, Ford devrait lancer 7 nouveaux modèles de véhicules électriques, mais selon les analystes, ce rythme ne lui permet guère de rivaliser avec ses concurrents. 

Simultanément, il devra relancer des modèles plus luxueux, comme son SUV Explorer, et stopper la production de certaines de ses citadines en perte de vitesse. Ainsi, toujours d’ici la fin de l’année prochaine, le constructeur devrait avoir renouvelé 75 % de sa gamme aux Etats-Unis. 

L’action Ford dégradée par 2 agences de cotation

Enfin, Ford doit également conserver un fond de caisse de 20 milliards de dollars, à titre de sécurité pour se protéger contre les effets de la prochaine récession, dont beaucoup affirment qu’elle est imminente.

Selon James Hackett, CEO de Ford, la firme est confrontée à des défis et elle a revu à la baisse ses prévisions de bénéfice opérationnel. Au mois de septembre, Moddy’s a dégradé la cote de Ford à Ba1, ce qui la place dans les catégorie des titres spéculatifs.

L’agence cite elle aussi des ‘défis considérables’ auxquels Ford doit faire face sur le plan de l’exploitation et du marché, mais elle évoque également la maigreur de ses bénéfices et de son cash flow dans un contexte de restructuration. Standard & Poor’s a elle aussi dégradé ses obligations pour les porter à la cote “BBB”, indiquant une qualité de titre moyenne.  Mais elle précise néanmoins que les difficultés de Ford ne sont pas insurmontables.