Les fake news peuvent compter sur Twitter Blue pour leur seconde jeunesse, rendant leur détection encore plus difficile

Les fake news n’ont jamais vraiment disparu du réseau social à l’oiseau bleu, mais il était jadis bien plus facile de les signaler et de les supprimer de la plateforme. Aujourd’hui, elles sont parfois relayées par des comptes certifiés par Twitter Blue, ce qui est d’autant plus trompeur pour les utilisateurs lambdas.

Dans l’actu : Les posts Twitter de fake news concernant particulièrement l’Ukraine pullulent sur le réseau social.

  • Un exemple partagé par la BBC montre qu’un post sur le sujet « La police française essuie des tirs de fusils américains qui pourraient provenir d’Ukraine » a été relayé par plusieurs comptes certifiés Twitter Blue. Cela concernerait les tensions entre les forces de l’ordre et les manifestations dans les récents troubles qui secouent l’Hexagone à la suite du meurtre du jeune Nahel, dans un contrôle policier qui a mal tourné.
    • Le média britannique a identifié la source du message : l’image a été transmise via les canaux pro-Kremlin sur l’application de messagerie Telegram et initialement utilisée dans un blog militaire russe datant de 2012, qui relate une compétition de tir organisée sur un champ de tir près de Moscou.
    • Aucun article en ligne ne reprend le titre et l’image mentionnés, et il n’y a aucune preuve que des armes fournies par les États-Unis à l’Ukraine aient été utilisées lors des récentes manifestations en France.
  • Dans le même style, des comptes Twitter vérifiés ont récemment propagé une affirmation selon laquelle la Russie aurait découvert des « usines à bébés » en Ukraine, où les enfants seraient exploités à des fins de prostitution et d’organes.
    • Cette affirmation a été tracée jusqu’à un article publié par The People’s Voice, un site connu pour produire des fake news en masse.
    • Le gouvernement russe et les médias contrôlés par le Kremlin ont régulièrement diffusé des informations non fondées sur le prélèvement illégal d’organes en Ukraine.

Quelles conséquences ? Lorsque ces fausses informations sont relayées par des comptes certifiés, cela peut leur donner une apparence de crédibilité et les rendre encore plus trompeuses pour les utilisateurs.

  • Prises pour argent comptant, ces fake news peuvent avoir des conséquences négatives voire carrément destructrices sur la prise de décision des individus et sur la société dans son ensemble.
  • Or aujourd’hui, n’importe qui peut bénéficier d’un compte certifié aux allures tout à fait nobles, moyennant un abonnement de 9,60 euros par mois. Comment discerner les honnêtes utilisateurs de ceux relayant volontairement des fausses informations ?
  • Et c’est sans compter sur les twittos lambdas ayant opté pour Twitter Blue, qui partagent ces fake news de bonne foi, sans se rendre compte qu’il s’agit d’un tissu de mensonges.
  • Ajoutons à cela que les comptes certifiés profitent d’une portée et d’une visibilité bien plus élargies que les utilisateurs ayant fait l’impasse sur cet abonnement, et vous obtenez un cocktail potentiellement très dangereux pour la société : des fake news relayées par des utilisateurs engrangeant des millions de vues, sur un réseau social utilisé dans le monde entier depuis plus de 15 ans.

En pratique : Comment faire pour se protéger contre ces fake news relayées par des comptes premium et éviter de participer à cette grande mascarade ? Il existe plusieurs solutions, à utiliser combinées, de préférence. On n’est jamais trop prudent.

  • La plus importante : vérifiez toujours les sources d’information et signalez les fake news dès que vous en détectez afin de préserver l’intégrité de l’information en ligne.
  • Vous avez un doute concernant un tweet qui vous semble très étrange ? Vérifiez l’identité du compte certifié l’ayant relayé. S’il ne s’agit pas d’une personnalité publique, d’un journaliste, d’un compte de fact-checking ou à la réputation irréprochable, mieux vaut vous abstenir.
  • Il est également essentiel de promouvoir l’éducation des utilisateurs, qu’ils soient jeunes ou adultes, afin de favoriser une utilisation responsable des médias de masse et des réseaux sociaux. Cela vaut pour Twitter, mais également pour ses concurrents, notamment la toute nouvelle application presque copiée/collée sortie de chez Meta, Threads.
  • Enfin, des ressources de vérification des faits ainsi que des outils de détection et de lutte contre les fake news sont également disponibles pour renforcer ces efforts.
  • Vous êtes tombés dans le panneau malgré vous ? Cela arrive à tout le monde, même aux meilleurs. Assurez-vous de supprimer votre tweet/retweet au plus vite et signalez le post problématique, il n’est jamais trop tard.
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