Entrée dans l’UE et « dénazification » aux oubliettes: la Russie prête à faire plusieurs concessions à l’Ukraine ?

Ce mardi, à Istanbul, les négociateurs ukrainiens et russes se retrouveront à nouveau autour de la table pour discuter d’un cessez-le-feu en Ukraine. D’après le Financial Times, la Russie serait prête à laisser tomber quelques-unes des conditions qu’elle avait émises jusqu’ici pour un cessez-le-feu.

D’après les informations du média britannique, qui dit se baser sur quatre sources différentes, la Russie envisage d’effacer plusieurs conditions qu’elle avait émises envers l’Ukraine pour arrêter de lui faire la guerre.

Moscou serait notamment prêt à mettre aux oubliettes sa demande de « dénazification » de l’Ukraine. L’argument selon laquelle l’Ukraine est nazie – en tout cas sa classe dirigeante – a pourtant été mobilisé à de nombreuses reprises par Vladimir Poutine en personne pour justifier « l’opération militaire spéciale » (il se refuse à parler de « guerre ») menée par les forces russes dans le pays.

Les négociateurs russes devraient également, ce mardi, ne plus exiger une « démilitarisation » de l’Ukraine.

En outre, Moscou envisage de ne plus s’opposer à une possible entrée de l’Ukraine au sein de l’Union européenne, pense savoir le Financial Times.

Enfin, la Russie serait prête à abandonner la protection juridique de la langue russe en Ukraine, qu’elle réclamait jusqu’à présent.

Le journal britannique précise que le projet en tant que tel n’a toutefois pas encore été finalisé.

Quelles conditions ?

Bien sûr, la Russie devrait continuer de poser d’autres conditions pour un cessez-le-feu. A savoir, réclamer de l’Ukraine qu’elle:

  • S’abstienne de développer des armes nucléaires
  • Renonce à sa volonté d’entrer dans l’OTAN
  • Refuse d’accueillir des bases militaires étrangères

En outre, une autre exigence fondamentale pour Poutine – que l’Ukraine reconnaisse que les territoires du Donbas et de la Crimée passent sous le contrôle de la Russie – serait remise à plus tard. Des « discussions futures », possiblement directement entre les présidents russe et ukrainien, pourraient être organisées spécifiquement autour de ce sujet.

Pas d’excès d’optimisme

Face à ces possibles ouvertures de la Russie, l’on pourrait penser que les négociations de ce mardi – les quatrièmes depuis le début de la guerre, fin février – s’annoncent sous de meilleures auspices. Les responsables ukrainiens aimeraient y croire, mais ils restent très méfiants.

Lundi, Vadym Denysenko, conseiller au ministère ukrainien de l’Intérieur, a déclaré au Guardian que les pourparlers de cessez-le-feu risquaient de n’être « qu’une distraction » et « une ruse pour tromper l’Occident ». Il a aussi exprimé des doutes quant à la possibilité d’une « percée sur les questions principales ».

D’après David Arakhamia, chef du parti du président Zelensky au Parlement et membre de l’équipe de négociation ukrainienne, a confirmé au Financial Times qu »il restait de nombreux « points non résolus » dans le projet d’accord.

Garanties de sécurité

Arakhamia a confié que si l’Ukraine acceptait les conditions russes, les deux parties pourraient parvenir à un accord sur des garanties de sécurité. Celles-ci s’assimileraient à « une formulation proche de l’article 5 de l’OTAN » et émaneraient de nombreux pays, dont la Russie, les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Allemagne, Israël, la Turquie et la Pologne.

« La seule question résolue est le type de garanties internationales que l’Ukraine recherche, mais… nous devons encore obtenir l’approbation des garants, sinon l’accord ne sera jamais conclu », a déclaré Arakhamia.

Tout accord éventuel devra toutefois être convenu avec les garants et ratifié par leurs parlements, a précisé Zelensky dimanche.

Côté russe, on « ne peut pas et ne veut pas parler de progrès », car « cela ne pourrait que nuire au processus de négociation », a déclaré lundi Dmitri Peskov, porte-parole de Poutine. « Pour l’instant, malheureusement, nous ne pouvons pas parler de réalisations et de percées significatives », a-t-il ajouté.

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