De plus en plus de travailleurs belges signalent une détresse psychologique


Principaux renseignements

  • Les employés belges sont confrontés à une détresse psychologique croissante.
  • Ce sont des facteurs de stress multiples qui entraînent des absences pour raisons de santé mentale, plutôt qu’un seul problème isolé.
  • Les coûts élevés et les lacunes des entreprises poussent les travailleurs vulnérables à se tourner vers des solutions d’IA risquées.

Un récent rapport sur la santé mentale publié par AXA fait état d’une tendance croissante à la détresse psychologique parmi la population active belge. Environ 31 pour cent des employés ont pris un congé maladie pour des raisons de santé mentale au cours de l’année écoulée, soit une augmentation par rapport aux 26 pour cent enregistrés deux ans auparavant. Ce problème est particulièrement répandu chez les jeunes professionnels âgés de 18 à 34 ans, chez qui le taux grimpe à 44 pour cent, ce qui contraste fortement avec les 13 pour cent observés chez les plus de 55 ans.

Ensemble de facteurs de stress

Selon le professeur Lode Godderis, expert en médecine du travail, ces absences sont rarement dues à un seul facteur. Au contraire, c’est généralement un ensemble de facteurs de stress qui contribue à une détérioration du bien-être, une personne moyenne étant confrontée à cinq pressions simultanées. L’instabilité financière et l’incertitude quant à l’avenir sont les principaux facteurs, en particulier chez les jeunes, aux côtés de la solitude, du stress social et d’un flux constant d’informations négatives.

Débat sur la surveillance gouvernementale

Alors que le gouvernement De Wever entend réduire les arrêts maladie de longue durée par une surveillance et un suivi plus stricts, le professeur Godderis fait valoir que de telles mesures pourraient s’avérer contre-productives. Il note que la santé mentale ne peut être mesurée objectivement comme une blessure physique et met en garde contre le fait qu’une surveillance accrue peut rendre les individus passifs ou sur la défensive. Il suggère que l’accent soit plutôt mis sur la prévention, des cultures d’entreprise solidaires et un accompagnement positif.

Recours à l’IA

Le contexte général de la santé mentale en Belgique est également préoccupant. Environ 31 pour cent des personnes déclarent souffrir de troubles de santé mentale et 18 pour cent souffrent de dépression. Malgré une plus grande ouverture à discuter de ces sujets, près de la moitié des personnes concernées n’ont pas sollicité d’aide professionnelle. Les principaux obstacles cités étaient le coût élevé du traitement et la conviction qu’une intervention professionnelle n’était pas nécessaire.

Il est intéressant de noter que de nombreux Belges se tournent vers l’intelligence artificielle pour obtenir un soutien émotionnel, 54 pour cent de la population générale et 74 pour cent des moins de 35 ans utilisant des outils d’IA.

Cependant, cette tendance comporte des risques ; 20 pour cent des utilisateurs ont déclaré avoir reçu des conseils préjudiciables. Le professeur Godderis explique que si l’IA peut simuler l’empathie et donner aux utilisateurs le sentiment d’être écoutés, elle n’a pas la capacité d’un thérapeute humain à remettre en question un patient, ce qui est essentiel pour un véritable progrès thérapeutique.

Lacunes des entreprises

Malgré la forte demande de soutien – 80 pour cent des travailleurs déclarant qu’ils utiliseraient des ressources en santé mentale – , les initiatives des entreprises restent rares. Environ 40 pour cent des employés belges indiquent que leurs employeurs ne proposent aucun système de soutien pour le bien-être mental. Ces résultats s’inscrivent dans le cadre d’une étude IPSOS plus large commanditée par AXA, qui a interrogé 19 000 adultes dans 18 pays différents.

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