Davantage de troupes russes aux frontières malgré les retraits annoncés, une région évacuée, explosion: journée mouvementée en Ukraine, fin des espoirs de désescalade?

Malgré de premiers semblants de désescalade, la tension remonte d’un cran à la frontière entre la Russie et l’Ukraine. Des séparatistes pro-russes accusent l’Ukraine de vouloir l’attaquer et font évacuer la région, alors que l’Occident y voit une mise en scène pour favoriser une intervention russe. Une voiture piégée a explosé dans la ville de Donetsk, contrôlée par ces rebelles, et les deux camps se rejettent la balle.

Des prémices d’un semblant de paix. C’est ainsi que cette semaine avait commencé. La Russie annonçait retirer des troupes des alentours de la frontière ukrainienne, le jour même où Biden annonçait que l’invasion allait avoir lieu.

Mais selon les dernières informations des Etats-Unis, il y aurait aujourd’hui plus de troupes aux alentours de la frontière qu’auparavant. Entre 169.000 et 190.000 hommes, pour 100.000 il y a deux semaines. C’est ce qu’annonce Michael Carpenter, représentant des Etats-Unis auprès de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), rapporte le Guardian.

Evacuation

La République populaire du Donetsk, territoire ukrainien auto-proclamé comme tel, séparatiste et pro-russe, a annoncé via son président Denis Pushilin que la population allait être évacuée, vers la Russie. Selon lui, l’Ukraine planifiait une attaque contre la région. La région de Louhansk, sous statut similaire, a alors fait des déclarations similaires.

Dans le contexte particulièrement tendu, cette évacuation peut sembler comme faisant partie d’un plan pour favoriser une intervention russe, notamment via une action de sauvetage de la part de la Russie pour mener à bien l’évacuation. « Nous sommes préoccupés par le fait que des incidents mis en scène pourraient être utilisés comme prétexte à une éventuelle escalade militaire », expriment les ministères des Affaires étrangères dans une position commune, citée par The Guardian.

L’Ukraine dément vouloir attaquer la région. Depuis 2014, la région, appelée Donbass, est exposée aux conflits entre séparatistes pro-russes et soldats ukrainiens. Plutôt statiques depuis sept ans, ils ont repris davantage cette semaine.

Explosion

En fin d’après-midi (heure locale), une explosion a eu lieu proche des bâtiments du gouvernement de la République auto-proclamée de Donetsk, rapportent les médias russes. Cette explosion donne du grain à moudre à Pushilin, qui clame encore plus que la région est attaquée par l’Ukraine, et que la voiture piégée est à imputer au pouvoir central.

L’Ukraine dément, et accuse la Russie de faire des provocations. Le pays fait appel à l’Occident pour condamner cet acte. Tout comme l’évacuation, cette explosion est interprétée par l’Occident comme une opération « false flag », sorte de coup monté ou d’opération déguisée (avec les uniformes de ceux d’en face) pour justifier une intervention russe.

Selon le Renseignement ukrainien, des forces spéciales russes seraient d’ailleurs en train de placer des explosifs à différents endroits de la ville, pour accuser ensuite l’Ukraine de terrorisme, annonce-t-il dans un tweet. Il appelle les citoyens à ne pas sortir de chez soi et à ne pas prendre les transports en public.

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