Cuba réclame que l’ONU prenne des mesures contre l’embargo américain qui aggrave la crise humanitaire


Principaux renseignements

  • Cuba appelle les Nations unies à mettre fin aux restrictions économiques américaines qui, selon le pays, provoquent une crise humanitaire.
  • Les responsables américains attribuent l’instabilité du pays aux politiques menées par le gouvernement cubain lui-même.
  • Le soutien international en faveur de la levée de l’embargo ne cesse de s’amenuiser.

Lors d’une récente session de l’Assemblée générale des Nations unies, Cuba a sollicité le soutien international pour contester les restrictions économiques « impitoyables » imposées par les États-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a qualifié la stratégie américaine de forme de guerre non conventionnelle et multidimensionnelle qui perdure depuis près de soixante-dix ans et s’est considérablement intensifiée au cours des sept derniers mois. Il a fait valoir que le blocus constituait une forme de punition collective à l’encontre du peuple cubain et a exhorté l’ONU à remplir son obligation en s’attaquant à la crise.

Crise humanitaire

Les données financières fournies par Rodríguez indiquent que les pertes résultant de l’embargo ont atteint un pic de 8 milliards de dollars (environ 7 milliards d’euros) entre mars 2025 et février 2026, soit une hausse de 7 pour cent par rapport à l’année précédente. Il a souligné que ces statistiques ne tiennent pas compte des graves répercussions d’un blocus sur les carburants lancé par Washington en février.

L’impact des mesures est manifeste dans les coupures d’électricité à l’échelle nationale causées par une pénurie de pétrole, qui a rendu inopérantes les centrales électriques vieillissantes datant de l’ère soviétique. En conséquence, l’ONU a averti que l’île était confrontée à une catastrophe humanitaire, avec des pénuries critiques de médicaments, d’eau potable et de nourriture.

Évolution du consensus mondial

Alors que divers groupes régionaux des Caraïbes et d’Afrique ont exprimé leur opposition aux politiques américaines, le niveau de consensus international semble évoluer. Depuis 1992, l’Assemblée générale a systématiquement adopté des résolutions non contraignantes visant à mettre fin à l’embargo.

Cependant, les tendances récentes des votes suggèrent un recul du soutien. Le nombre de pays favorables à la résolution est passé de 187 à 165 en octobre dernier, et un vote récent visant simplement à tenir le débat n’a recueilli que 136 voix favorables, des alliés traditionnels comme le Canada et l’Allemagne s’étant abstenus.

Critiques à l’égard de la politique intérieure de Cuba

D’autres points de vue exprimés lors de l’Assemblée ont laissé entendre que l’embargo américain n’était pas la seule cause de l’instabilité de Cuba. Stavros Lambrinidis, ambassadeur de l’UE auprès de l’ONU, a fait valoir que le gouvernement cubain devait mettre en œuvre des changements économiques et politiques substantiels et respecter les droits de l’homme. En outre, il a critiqué La Havane pour son alignement géopolitique avec la Russie concernant le conflit en Ukraine.

(at)

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