Principaux renseignements
- Les investisseurs craignent que l’instauration de nouveaux droits de passage dans le détroit d’Ormuz ne constitue un dangereux précédent pour le détroit de Malacca.
- Le droit international et la coopération régionale protègent actuellement la libre circulation du pétrole mondial à travers ces couloirs stratégiques.
- Le contrôle des points d’étranglement maritimes stratégiques confère aux pays une influence géopolitique considérable.
Les investisseurs du secteur de l’énergie s’inquiètent de plus en plus de la possibilité que des droits de transit soient instaurés dans le détroit de Malacca, à la suite d’évolutions similaires dans le détroit d’Ormuz, rapporte CNBC.
Cette inquiétude découle d’informations selon lesquelles l’Iran et Oman auraient proposé aux États-Unis une gestion conjointe du corridor d’Ormuz, qui inclurait la perception de redevances administratives. Bien qu’un accord temporaire de 60 jours garantisse actuellement la libre navigation dans cette région, la perspective d’un modèle de « péage » inquiète les acteurs du marché, qui craignent que cela ne crée un précédent pour d’autres passages maritimes stratégiques.
L’importance stratégique de Malacca
Le détroit de Malacca revêt une importance particulière en raison de l’énorme volume de ses échanges commerciaux et constitue une liaison cruciale entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie de l’Est. Selon les données de l’Energy Information Administration américaine, près de 29 pour cent du transport maritime mondial de pétrole a transité par ce corridor au cours du premier semestre 2025, le pétrole brut représentant plus de 70 % de ces flux.
Janiv Shah, de Rystad Energy, a fait remarquer dans une interview accordée à CNBC que, même si les investisseurs s’inquiètent de la perspective d’un choc pétrolier provoqué par des droits de péage, une telle mesure serait complexe à mettre en œuvre compte tenu de l’immensité de cette voie navigable.
Protection institutionnelle
Malgré ces craintes, les experts estiment qu’il est peu probable que le détroit de Malacca devienne un théâtre de conflit. Bien que le ministre indonésien des Finances ait brièvement évoqué l’idée de faire payer les navires en avril, cette suggestion a été rapidement retirée.
Le droit international garantit la liberté de passage dans les couloirs utilisés pour la navigation mondiale, et les dirigeants de Singapour et de l’Indonésie ont récemment réaffirmé leur engagement à maintenir cette voie navigable ouverte.
De plus, la patrouille du détroit de Malacca – une initiative conjointe de la Malaisie, de la Thaïlande, de Singapour et de l’Indonésie – offre un cadre institutionnel stable qui empêche le type d’instabilité observé dans le détroit d’Ormuz.
Risques économiques liés à la fermeture des voies navigables
Cependant, les analystes géopolitiques du Center for Strategic International Studies (CSIS) affirment que la capacité à contrôler les goulets d’étranglement maritimes confère aux nations un levier stratégique considérable. Ils soulignent que les enjeux sont particulièrement importants en mer de Chine méridionale, où le détroit de Taïwan et le détroit de Malacca relient tous deux des pôles économiques mondiaux.
Bien qu’il existe des itinéraires maritimes alternatifs si ces passages venaient à être restreints, de tels détours entraîneraient des coûts économiques substantiels.
(at)
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