L’éclatement de la bulle de l’IA pourrait provoquer une récession au Royaume-Uni, met en garde la Banque d’Angleterre


Principaux renseignements

  • L’éclatement d’une bulle spéculative dans le secteur de l’IA pourrait entraîner une baisse de 2,2 pour cent du PIB britannique, met en garde la Banque d’Angleterre.
  • La contagion des marchés mondiaux menace la stabilité financière en raison des actions spéculatives et des fonds à effet de levier.
  • L’endettement massif et la fragilité des chaînes d’approvisionnement amplifient le risque d’un effondrement systémique.

La Banque d’Angleterre a averti que l’économie britannique pourrait entrer en récession si la bulle spéculative actuelle liée à l’intelligence artificielle venait à éclater. Dans un récent rapport sur la stabilité financière, les responsables ont souligné qu’une correction soudaine des cours des actions liées à l’IA – résultant d’une évolution des niveaux de rentabilité et de productivité – pourrait entraîner une baisse de 2,2 pour cent du PIB britannique.

Triple coup dur des vulnérabilités de l’IA

Le gouverneur Andrew Bailey a mis en avant un « triple coup dur » lié à ces vulnérabilités : la spéculation excessive sur les actions du secteur de l’IA, une intégration de la technologie potentiellement plus lente que prévu, et l’incertitude quant aux entreprises qui finiront par dominer le secteur.

Malgré ces inquiétudes, Bailey a déclaré qu’aucune nouvelle réglementation n’était prévue pour l’instant, affirmant que la Banque devait d’abord mieux comprendre l’impact de ces valorisations sur la stabilité financière.

Contagion des marchés mondiaux

Le rapport souligne une montée en puissance de l’influence de l’IA, notant que ces entreprises représentent désormais 50 pour cent de l’indice américain S&P 500, soit une augmentation significative par rapport aux 25 pour cent enregistrés en 2022. Cette tendance se reflète dans la croissance rapide des marchés sud-coréens et taïwanais.

Par ailleurs, la Banque a exprimé ses inquiétudes quant à la poussée à la hausse des cours provoquée par les investisseurs particuliers, soulignant notamment la popularité risquée des fonds négociés en bourse à effet de levier. Bien que les indices britanniques soient moins directement exposés à l’IA, la Banque prévient que la contagion des marchés mondiaux se répercuterait inévitablement sur le système macroéconomique britannique.

Analyse des dommages économiques

Selon l’analyse de la Banque, environ la moitié des dommages économiques proviendrait de l’instabilité du marché obligataire, tandis que les fluctuations du marché boursier y contribueraient à hauteur d’environ 36 pour cent.

Le rapport a également identifié des « boucles de capital qui s’autoalimentent », dans lesquelles les géants de la technologie investissent dans des entreprises d’IA qui achètent ensuite des services auprès de ces mêmes géants, créant ainsi un cycle précaire susceptible d’amplifier un effondrement généralisé des bénéfices.

Escalade de l’endettement et préoccupations en matière de transparence

Les risques financiers sont encore aggravés par des prévisions de dépenses colossales. Les prévisions de dépenses d’investissement des « hyper-scalers » de l’IA d’ici 2028 sont passées de moins de 600 milliards de dollars (environ 525 milliards d’euros) à plus d’un billion de dollars (environ 875 milliards d’euros).

Une grande partie du financement des centres de données devrait provenir de la dette et du crédit privé, ce qui soulève des inquiétudes quant à la transparence. Par exemple, la part de la dette américaine notée « investment grade » détenue par des hyper-scalers tels qu’Anthropic et OpenAI a bondi de 3 pour cent à la fin de l’année dernière à 15 pour cent en mai, ce qui complique le suivi de leur exposition totale par les institutions financières.

Obstacles physiques

Enfin, la Banque a mis en garde contre les goulots d’étranglement physiques et logistiques. Les immenses besoins en infrastructures liés à l’IA, notamment en électricité et en semi-conducteurs, créent un écosystème fragile. Ces ressources étant concentrées entre les mains d’un petit nombre d’entreprises et de pays, toute perturbation de la chaîne d’approvisionnement pourrait freiner la croissance et les prévisions de chiffre d’affaires qui alimentent actuellement le marché.

(at)

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