Principaux renseignements
- Le projet Pendragon remplace les grandes unités militaires par un essaim coordonné de robots et de drones.
- Une orchestration pilotée par l’IA permet à quinze soldats de gérer soixante-dix ressources autonomes.
- Des moteurs thermiques et des coûts évolutifs garantissent un déploiement rapide et une efficacité logistique.
L’Agence pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) du ministère français de la Défense, en partenariat avec le Commandement des combats futurs (CCF) et divers acteurs industriels, développe actuellement le « projet Pendragon ». C’est ce qu’écrit Le Point.
Cette initiative ambitieuse vise à révolutionner la composition des champs de bataille en mettant en place une unité de combat robotisée (URC) d’ici l’été 2027. L’objectif est de remplacer les compagnies d’infanterie ou les escadrons de cavalerie traditionnels — qui comptent généralement entre 120 et 130 hommes — par un essaim coordonné d’une dizaine de robots terrestres et d’une soixantaine de drones, le tout géré à distance par une petite équipe d’une quinzaine de soldats.
Essais sur le terrain
Des essais récents menés au camp militaire de Saint-Cyr Coëtquidan mettent en évidence les spécifications techniques de ces moyens. Les véhicules terrestres, d’un poids compris entre deux et trois tonnes, utilisent des moteurs thermiques plutôt qu’électriques afin de garantir un ravitaillement rapide et d’éviter la charge logistique liée aux générateurs mobiles. Ces plateformes sont conçues pour être polyvalentes, capables de transporter aussi bien des mitrailleuses que des conteneurs de munitions télécommandés.
Par ailleurs, la composante aérienne comprend le DT46, destiné à la surveillance furtive de longue durée, ainsi que des drones plus petits équipés pour le largage d’explosifs.
Intégration de l’IA
L’innovation majeure de Pendragon réside dans l’intégration de l’intelligence artificielle via le système « C2 Pendragon ». Plutôt que de nécessiter un opérateur humain pour chaque machine, l’IA coordonne l’ensemble de la flotte en fonction des ordres généraux donnés par un officier. Bien que la France rejette officiellement les systèmes d’armes létales entièrement autonomes, elle poursuit le développement de « systèmes létaux intégrant l’autonomie » (SALIA).
Pour affiner ce système, les ingénieurs entraînent l’IA à se déplacer sur des terrains chaotiques — tels que des paysages jonchés de débris — et à faire la distinction entre les obstacles franchissables, comme les hautes herbes, et les barrières infranchissables.
Coopération avec l’industrie
Afin d’accélérer le développement, un « pôle Pendragon » spécialisé a été mis en place pour favoriser la synergie entre l’armée et un large éventail de partenaires industriels. Ce cadre collaboratif met l’accent sur la nécessité de l’interopérabilité, non seulement entre les différents sous-traitants français et la Direction générale de l’armement (DGA), mais aussi avec les alliés européens.
À terme, Pendragon se positionne comme une évolution allant au-delà des tendances actuelles de la guerre robotisée observées dans des conflits tels que celui en Ukraine. La stratégie met l’accent sur l’évolutivité et la rentabilité, l’objectif étant de produire ces unités consommables pour environ dix millions d’euros chacune. Bien que l’URC soit dévoilé l’année prochaine, plusieurs années supplémentaires seront nécessaires pour finaliser la doctrine opérationnelle et les stratégies de déploiement. (fc)
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