L’Espagne exclut l’entreprise américaine Palantir des entreprises publiques afin de renforcer sa souveraineté numérique


Principaux renseignements

  • L’Espagne a exclu Palantir de la liste des fournisseurs autorisés pour la plupart des entreprises publiques afin de protéger la souveraineté nationale.
  • Des préoccupations en matière de sécurité et des tensions géopolitiques ont motivé l’exclusion de l’éditeur de logiciels américain.
  • Les responsables gouvernementaux privilégient désormais les alternatives technologiques nationales par rapport aux fournisseurs étrangers.

Le gouvernement espagnol a décidé que Palantir Technologies devait être exclue de la liste des fournisseurs agréés pour les entreprises gérées par l’État ou détenues par les pouvoirs publics. La Société d’État pour les Participations Industrielles (SEPI) a officiellement annoncé cette directive.

Conséquences pour entités stratégiques

Cette restriction touche des entités critiques des secteurs espagnols des infrastructures et de la sécurité, visant plus particulièrement le constructeur naval Navantia, l’entreprise technologique Indra et le géant des télécommunications Telefónica.

Cette mesure a déjà perturbé des opérations en cours, entraînant la suspension d’un projet presque achevé avec Navantia. De plus, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a bloqué un projet de partenariat impliquant la Garde civile.

Préoccupations en matière de sécurité

Les principales motivations de ce revirement sont liées à la sécurité nationale et à la préservation de la souveraineté. Les autorités ont fait part de leurs craintes que l’utilisation du logiciel américain ne conduise à une utilisation abusive de données sensibles et confidentielles.

Cette politique s’inscrit dans une tendance croissante à l’échelle européenne, la France ayant mis fin à sa coopération avec l’entreprise et les agences de sécurité allemandes s’orientant vers des alternatives locales telles que ChapsVision.

Exception pour la défense

Le secteur de la défense fait toutefois exception à cette interdiction générale. Palantir poursuit ses activités dans le cadre d’un contrat d’une valeur de 16,5 millions d’euros avec le Centre de renseignement des forces armées (CIFAS), qui expire en novembre de cette année. Bien que les responsables de la marine et de l’armée plaident en faveur d’une prolongation en raison des avantages techniques du logiciel, le gouvernement central n’a pas encore décidé si le contrat serait renouvelé.

Tensions géopolitiques

Les tensions géopolitiques entre le gouvernement de Pedro Sánchez et les États-Unis influencent cette décision. Les liens politiques entre les dirigeants de Palantir – Peter Thiel et Alex Karp – et Donald Trump jouent notamment un rôle à cet égard. Par conséquent, l’Espagne donne la priorité à la création de solutions technologiques nationales afin de réduire au minimum sa dépendance vis-à-vis des logiciels étrangers, comme en témoignent les investissements de l’État dans la société catalane Openchip. (lv)

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