Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni va investir plus de 63 milliards de livres sterling (environ 73,5 milliards d’euros) pour moderniser son arsenal nucléaire et ses sous-marins.
- Les nouvelles ogives Astraea remplacent les modèles obsolètes afin de maintenir la compatibilité avec les États-Unis.
- L’acquisition d’avions stratégiques permet au Royaume-Uni de réintégrer le programme de partage nucléaire de l’OTAN.
Le gouvernement britannique a annoncé un investissement substantiel de plus de 63 milliards de livres sterling (environ 73,5 milliards d’euros) au cours des quatre prochaines années afin de renforcer ses capacités nucléaires, rapporte DefenseNews.
Cet engagement financier s’inscrit dans le cadre d’une augmentation plus large du budget de la défense, de 15 milliards de livres sterling (environ 17,5 milliards d’euros), mise en place par le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer. Ces fonds sont destinés au développement de sous-marins d’attaque SSN-AUKUS, de navires lanceurs de missiles balistiques de classe Dreadnought et d’une ogive de fabrication nationale baptisée Astraea.
Objectifs de l’OTAN
Ces dépenses s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie de défense quadriennale globale de 298 milliards de livres sterling (environ 347,8 milliards d’euros), destinée à porter les dépenses militaires à 2,7 pour cent du PIB national, en vue d’atteindre l’objectif de l’OTAN de 3,5 pour cent d’ici 2035.
Les programmes nucléaires représentent déjà une part importante du budget militaire. En 2024-2025, le programme « Defence Nuclear Enterprise » représentait 18 pour cent des dépenses, soit un total de 10,9 milliards de livres sterling (environ 12,7 milliards d’euros). Les prévisions indiquent que cette proportion passera à 20 pour cent, tandis que les données de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires montrent qu’en 2025, le Royaume-Uni était devenu le troisième plus grand contributeur mondial en matière de dépenses consacrées aux armes nucléaires.
L’ogive Astraea
Londres soutient que ces armes sont essentielles à la souveraineté nationale et affirme que le Royaume-Uni apporte une contribution unique à l’OTAN en tant que seule nation européenne disposant d’une force de dissuasion nucléaire dédiée à la défense de l’alliance.
Cette mise à jour porte principalement sur l’ogive Astraea (A21/Mk7), créée par l’Atomic Weapons Establishment pour remplacer le modèle Holbrook obsolète utilisé sur les missiles Trident II D5. Les experts estiment que ce remplacement est obligatoire, car le Royaume-Uni doit maintenir une certification de vol compatible avec les coques aérodynamiques de la marine américaine. Alors que les États-Unis passent à l’ogive W93, le Royaume-Uni ne peut plus continuer à utiliser la conception Holbrook.
Développée parallèlement à la W93, l’Astraea utilisera le corps de rentrée Mk7. Selon les recherches du Nuclear Information Service, la puissance de la nouvelle ogive pourrait atteindre entre 90 et 455 kilotonnes, ce qui représente probablement une augmentation par rapport aux 80 à 100 kilotonnes associées à son prédécesseur.
Retour au partage nucléaire
Par ailleurs, le gouvernement a confirmé l’acquisition de 12 avions F-35A, marquant ainsi le retour du Royaume-Uni au programme de partage nucléaire des avions à double capacité de l’OTAN pour la première fois depuis la fin de la guerre froide.
Cet accord permet le stationnement potentiel de bombes américaines B61-12 sur le sol britannique, qui seront déployées par des avions britanniques sur autorisation du président américain, à l’instar des accords conclus par plusieurs autres alliés européens.
Défis opérationnels
Malgré ces ambitions, la commission des comptes publics a fait part de ses inquiétudes concernant l’intégrité structurelle de la planification du ministère de la Défense. La commission met en garde contre le fait que l’absence d’un plan d’investissement de défense formalisé nuit à la réputation du Royaume-Uni auprès de ses partenaires industriels et de ses alliés, tout en entravant les efforts de modernisation de l’armée.
Des problèmes tels que l’instabilité des marchés publics, le manque de transparence financière concernant les coûts nucléaires et les revers subis dans des projets majeurs comme le programme Ajax mettent en évidence un décalage entre les objectifs stratégiques du gouvernement et sa capacité opérationnelle à les mettre en œuvre.
(at)
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