Principaux renseignements
- Les services de renseignement intérieurs allemands ont préféré le logiciel français ArgonOS à Palantir.
- Cette décision reflète une préférence croissante en Allemagne pour les solutions locales dans les systèmes de sécurité sensibles.
- Ce choix souligne la volonté de renforcer la souveraineté numérique européenne en donnant la priorité aux options technologiques locales.
Les services de renseignement intérieurs allemands, le BfV, ont choisi le logiciel ArgonOS, développé par la société française d’IA ChapsVision, plutôt que Palantir, une entreprise américaine de sécurité de premier plan. C’est ce que rapporte Politico. Cette décision témoigne d’une tendance croissante en Allemagne à recourir à des solutions nationales pour les systèmes de sécurité sensibles.
Logiciel français sélectionné
Le président du BfV, Sinan Selen, avait déjà indiqué qu’il souhaitait réduire la dépendance vis-à-vis des technologies américaines telles que Palantir. ArgonOS est déjà utilisé par plusieurs organismes français, dont les services de renseignement intérieurs. La capacité du logiciel à traiter à la fois des données structurées et non structurées, ce qui facilite leur interprétation par les analystes, a été un facteur déterminant dans la décision du BfV.
Priorité à la souveraineté européenne
Marc Henrichmann, président de la commission parlementaire de contrôle des services de renseignement allemands, considère ce choix comme un pas vers la souveraineté numérique européenne. Il précise toutefois que les performances d’ArgonOS devront faire leurs preuves à long terme dans la pratique, la fonctionnalité primant sur l’origine.
Cette décision intervient alors qu’un débat fait rage en Allemagne sur le rôle de Palantir dans l’appareil de sécurité du pays. Bien que certaines forces de police utilisent déjà les logiciels Palantir et que le ministère de l’Intérieur envisage de les déployer pour les services de police fédéraux, des inquiétudes ont été exprimées concernant la protection des données, les droits fondamentaux et la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur américain.
Palantir défend sa position
Alex Karp, PDG de Palantir, a défendu son entreprise face au scepticisme allemand. Il a souligné l’utilisation mondiale de leurs logiciels dans des situations critiques en matière de sécurité. Il reconnaît le désir de disposer de systèmes indépendants, mais se demande si l’Allemagne peut se permettre de renoncer à la technologie de pointe de Palantir.
La mise en œuvre complète d’ArgonOS dépend de l’adoption des réformes prévues de la loi sur les services de renseignement en Allemagne. Ces réformes visent à étendre les capacités numériques du BfV, à rationaliser le partage de données avec les forces de police et à réviser la réglementation concernant la durée de conservation des données à caractère personnel. (fc)
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