La France remplace le géant américain de la défense Palantir par sa propre technologie de renseignement


Principaux renseignements

  • La France remplace les outils Palantir par le logiciel national Chapsvision afin de garantir l’indépendance de ses données.
  • La souveraineté nationale motive le passage aux assistants IA nationaux de Mistral AI.
  • Des investissements publics de 655 millions d’euros permettront d’accélérer le développement d’un pôle technologique souverain.

Dans le cadre d’un virage stratégique vers l’indépendance technologique, la DGSI, l’agence de renseignement nationale française, abandonne progressivement les outils de gestion des données de Palantir Technologies au profit d’une solution développée en interne par Chapsvision. Cette décision s’inscrit dans une tendance européenne plus large visant à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs de technologies américains. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que cette transition était au cœur de l’ambition de la France de renforcer ses capacités technologiques souveraines, précisant que les fonctionnaires seraient également équipés d’assistants IA développés par la société nationale Mistral AI.

Abandon des fournisseurs américains

Alors que Palantir soutenait la DGSI depuis dix ans et venait d’obtenir une prolongation de son contrat, les inquiétudes croissantes concernant les liens de l’entreprise avec l’administration Trump et les risques liés au partage de données sensibles avec des entités américaines ont alimenté les appels à une rupture.

Des sentiments similaires se manifestent ailleurs en Europe, une commission parlementaire britannique ayant récemment suggéré la résiliation d’un accord important avec l’entreprise. Chapsvision, une entité privée spécialisée dans l’intégration de sources de données fragmentées, a l’intention de déployer son logiciel dans tous les ministères français.

La poussée vers l’autonomie numérique

L’urgence en matière d’autonomie numérique a été mise en évidence par une récente directive américaine empêchant les ressortissants étrangers d’accéder aux modèles haut de gamme d’Anthropic.

Lecornu a souligné que la France ne peut pas se fier à la bienveillance de partenaires susceptibles de révoquer brusquement l’accès à des outils d’IA critiques, affirmant la nécessité de disposer d’alternatives nationales.

Investissement dans l’IA souveraine

Pour soutenir cette vision, le gouvernement français prévoit d’investir 655 millions d’euros supplémentaires d’ici 2030 afin de renforcer les secteurs industriels, la recherche et les infrastructures informatiques. Chaque ministère devra démontrer comment l’IA est utilisée pour améliorer la productivité.

Parallèlement, le président Emmanuel Macron continue de militer pour que la France devienne le principal pôle européen de l’IA, ayant récemment accueilli des dirigeants de Google DeepMind, OpenAI et Anthropic lors du sommet du G7 à Évian.

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