Ce que la montée des taux d’intérêt signifie pour votre portefeuille et celui des entreprises

Alors que la Réserve fédérale vient d’annoncer son intention de lever ses taux de 75 points, la BCE devrait suivre au mois de juillet. Les taux d’intérêt zéro, voire négatifs, c’est de l’histoire ancienne. Un contexte économique qui devrait durer jusqu’en 2024, au moins, lorsque l’inflation reprendra son cours normal, en tout cas, c’est l’intention. Mais concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Pour lutter contre l’inflation, la principale arme des banques centrales est la levée des taux d’intérêt. Concrètement, cette hausse signifie des coûts de financement plus élevés pour les banques. Ces dernières les répercutent sur leurs clients, qu’ils soient consommateurs ou entreprises.

Emprunt

Pour les emprunteurs, cette hausse de taux d’intérêt signifie donc une hausse du coût des crédits, par exemple pour acheter une maison ou une voiture, dans le cas d’un particulier. Pour les entreprises, l’argent nécessaire pour développer leur activité coûte aussi plus cher. C’est pour cette raison que la Fed et la BCE se montrent prudentes et préfèrent y aller pas à pas: la montée des taux a pour but de refroidir l’économie, mais il y a toujours le risque de récession derrière et la montée du taux de chômage.

Pour ceux qui ont déjà un prêt, la situation peut différer selon les pays et les ménages : certains favorisent les taux fixes, la hausse des taux n’aura donc pas d’effet sur eux. Pour les taux variables, par contre, c’est une autre histoire.

Reste que pour les nouveaux emprunteurs, acheter une maison coûte désormais plus cher. En effet, face à la perspective de la montée des taux et de la fin du programme de rachats d’obligations de la BCE, les taux à long terme ont déjà pris les devants. Aux États-Unis, les taux à 10 ans ont dépassé les 3%. En Belgique et en France, ils viennent de franchir les 2%. Une mauvaise nouvelle pour les finances publiques – la dette devient plus chère – mais aussi pour les prêts immobiliers qui sont directement liés aux obligations linéaires d’État.

Côté bonne nouvelle, pour les emprunteurs, cette hausse des taux d’intérêt pourrait freiner les prix de l’immobilier. En effet, avec des taux plus hauts, certains emprunteurs pourraient hésiter à concrétiser leur projet. La baisse de la demande peut alors provoquer une baisse des prix de l’immobilier, ce à quoi on assiste déjà après des années d’augmentation constante.

Épargne

Épargner devient plus intéressant. Mais ne vous attendez pas à des miracles. Pour l’heure, en Belgique, le minimum légal pour un compte d’épargne est de 0,11%. La plupart des banques y ont recours et certaines utilisent même des moyens pour aller encore plus bas. La réponse est simple: l’épargne coûte de l’argent aux banques si elles ne parviennent pas à prêter cet argent à long terme à d’autres clients. Elles font face à une pénalité de 0,5% de la part de la BCE. En d’autres termes: les banques doivent payer des intérêts aussi bien aux épargnants qu’à la BCE.

Avec la montée des taux à venir, cela pourrait signifier que les banques puissent à nouveau gagner de l’argent en déposant leurs excédents en matière d’épargnes auprès de la BCE. Prêter de l’argent devient également à nouveau plus intéressant pour elles. Mais ne rêvez pas trop : après des années de vache maigre, elles ne vont pas rendre toutes leurs marges bénéficiaires aux épargnants. Il ne faut de toute façon pas s’attendre à une hausse avant la fin de l’année.

Dollar-euro

La montée des taux par la Fed, alors que la BCE n’a pas encore commencé, renchérit le dollar par rapport à l’euro. Le dollar devient plus rénumérateur, ce qui a un effet négatif et positif.

Côté négatif, tous les produits libellés en dollar, comme le pétrole ou l’immense majorité des matières premières, deviennent alors plus chers. Ce qui, au bout de la chaine, fait grimper les prix à la pompe ou au magasin. Cette réalité peut devenir désastreuse pour des pays émergents aux monnaies faibles. L’Europe, avec un euro toujours relativement fort, n’est pas la plus touchée.

Côté positif, un euro plus faible arrange bien les entreprises exportatrices européennes. Leurs produits deviennent meilleur marché par rapport au dollar américain. Dans certains secteurs comme le luxe, l’automobile ou l’aéronautique, l’avance prise par la Fed est une bonne nouvelle.

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