Principaux renseignements
- L’UE prévoit de sanctionner plus de 1 600 entreprises russes afin de perturber les efforts militaires.
- Les différends économiques internes entre les États membres risquent de compromettre l’efficacité de l’ensemble des sanctions.
- Les dirigeants européens utilisent ces pressions financières pour contraindre la Russie à entamer des négociations de paix.
L’Union européenne prépare un ensemble de sanctions sans précédent visant plus de 1 600 entreprises accusées de soutenir les opérations militaires de la Russie en Ukraine. Cette initiative, la plus importante du genre en termes de nombre d’entités mises sur liste noire, cible les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel total dépasse 20 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros) et qui emploient au total plus de 265 000 personnes. C’est ce qu’indique Bloomberg.
Si la proposition était approuvée à l’unanimité par tous les États membres, le nombre total d’entités sanctionnées depuis le début du conflit augmenterait de 50 pour cent.
Approche ciblée
Plutôt que de cibler de vastes secteurs industriels ou des matières premières spécifiques, le Service européen pour l’action extérieure a passé plusieurs mois à identifier des entreprises individuelles au sein du complexe militaro-industriel russe.
Bien que cela représente un élargissement significatif de la liste noire, les experts estiment que le coup porté au secteur financier sera moins sévère que les mesures précédentes qui avaient paralysé le secteur bancaire russe et les exportations de pétrole.
Faire pression sur la Russie
Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire pression sur le président Vladimir Poutine pour qu’il s’engage dans des négociations de paix. Les dirigeants européens estiment que l’affaiblissement de l’économie russe et l’amélioration de la position tactique de l’Ukraine offrent une fenêtre stratégique pour la diplomatie, d’autant plus que Moscou revoit à la baisse ses prévisions de croissance future.
Ce changement coïncide avec un regain d’implication des États-Unis, le président Donald Trump ayant proposé son soutien aux défenses aériennes ukrainiennes et reçu le président Volodymyr Zelensky.
Frictions internes
Cependant, parvenir à un consensus au sein de l’UE est devenu de plus en plus difficile. Les États membres réclament souvent des dérogations pour protéger leurs propres intérêts économiques. Par exemple, des différends récents ont conduit à l’édulcoration du 21e train de sanctions, notamment en raison de l’opposition de la Grèce à l’interdiction des transferts de gaz naturel liquéfié russe et des efforts déployés par l’Italie et la France pour bloquer les interdictions d’entrée visant d’anciens soldats russes. D’autres États membres ont également empêché l’instauration d’interdictions d’importation sur certaines espèces de poissons russes.
Pour éviter ces tensions, les responsables ont l’intention de communiquer la nouvelle proposition aux gouvernements nationaux plusieurs semaines à l’avance, dans le but de parvenir à un accord définitif lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères en octobre. Par ailleurs, l’UE élabore actuellement des restrictions distinctes concernant l’expulsion illégale d’enfants ukrainiens, qui devraient être mises en œuvre cet automne.
Impasse diplomatique
Ces manœuvres diplomatiques interviennent dans un contexte d’escalade de la violence, l’Ukraine prenant pour cible les infrastructures russes de ravitaillement en carburant et la Russie lançant de violentes frappes de missiles sur les centres urbains ukrainiens. Alors que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne se coordonnent avec Kiev pour relancer le dialogue avec le Kremlin, et que le président du Conseil européen, Antonio Costa, tente d’ouvrir des canaux de communication, Poutine reste inflexible.
Le dirigeant russe a rejeté les propositions de cessez-le-feu, craignant un renforcement militaire ukrainien, et continue d’exiger la reddition de la région de Donetsk — une condition que l’Ukraine refuse d’accepter. (fc)
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