Principaux renseignements
- Les diplomates de l’UE ont approuvé un 21e train de sanctions contre la Russie malgré une opposition significative de la part de certains États membres.
- Ces compromis protègent le transport maritime européen de GNL et gèlent les ajustements du tarif maximal du pétrole.
Les diplomates de l’Union européenne sont parvenus à un accord sur le 21e train de sanctions visant la Russie, bien que les mesures finales aient été considérablement affaiblies en raison de l’opposition des États membres.
Alors que cette initiative visait à restreindre davantage la capacité du Kremlin à financer ses efforts militaires, plusieurs pays ont fait pression pour obtenir des dérogations afin de préserver leurs propres intérêts économiques et stratégiques.
Compromis sur le transport de GNL
L’un des principaux points de discorde portait sur le transport maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. La Grèce, leader mondial du transport de GNL, a réussi à faire pression contre une interdiction totale imposée aux entreprises de l’UE de transporter du gaz russe vers des destinations hors UE.
Cette victoire pour Athènes évite une perte de parts de marché au profit de concurrents non européens et maintient le contrôle de l’UE sur ce commerce. Le compromis qui en résulte autorise ces transports pour une période d’un an renouvelable, à condition que les volumes ne dépassent pas les niveaux de 2025.
Stabilité du plafond sur le prix du pétrole
Les marchés de l’énergie ont également été au centre des débats, notamment en ce qui concerne le plafond sur le prix du pétrole fixé par le G7. Afin d’éviter un scénario dans lequel ce plafond augmenterait automatiquement et permettrait à la Russie de tirer des revenus plus élevés de ses exportations, les États membres ont convenu d’un gel de douze mois de tout ajustement de ce plafond.
Restrictions édulcorées
D’autres propositions ambitieuses ont été tout aussi édulcorées au cours de ces négociations interminables. Une initiative menée par les pays baltes visant à interdire l’entrée de soldats russes dans l’UE a été restreinte pour ne cibler que ceux directement impliqués dans des combats ou des activités militaires, suite à la résistance de l’Italie, de la France et de la Grèce.
De même, les projets visant à mettre fin aux importations de poisson russe ont été abandonnés après l’opposition de l’Allemagne, de la Pologne et du Portugal.
Obstacles financiers et religieux
D’autres complications sont apparues concernant les sanctions financières et religieuses. L’Autriche a retardé le processus afin de garantir que la Raiffeisen Bank International puisse accéder à certains actifs gelés pour couvrir des pertes juridiques en Russie, une question qui a finalement été reportée. De plus, la Bulgarie a empêché l’inclusion du patriarche Kirill, chef de l’Église orthodoxe russe, sur la liste noire.
Malgré ces concessions et l’impression de certains observateurs selon laquelle le soutien européen à l’Ukraine aurait atteint ses limites, le paquet ajoute tout de même environ 250 personnes et entités à la liste des sanctions. L’accord attend désormais d’être ratifié officiellement et à l’unanimité par l’ensemble des 27 États membres.
(at)
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