Principaux renseignements
- L’Iran annonce la mise en place d’une zone maritime interdite aux navires qui bravent le blocus américain.
- Les attaques militaires réciproques contre des pétroliers font grimper en flèche les prix du pétrole.
- Les opérations navales américaines permettent de maintenir les flux pétroliers à environ deux tiers de leur niveau d’avant-guerre, malgré l’instabilité croissante.
L’Iran a annoncé son intention de mettre en place une nouvelle zone maritime restreinte dans le Golfe, parallèlement à la mise en place de nouveaux couloirs de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Selon Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, cette zone s’étendra depuis la limite du blocus américain jusqu’aux eaux du Golfe, et tout navire pénétrant dans cette zone sera inscrit sur une liste de sanctions. Rezaei a en outre déclaré que l’Iran ne garantirait l’accessibilité du détroit d’Ormuz qu’une fois que les États-Unis auraient cessé leurs attaques et leurs menaces.
Escalade des tensions militaires
Les tensions géopolitiques se sont intensifiées à la suite d’une série de frappes militaires réciproques. Le Commandement central américain a récemment annoncé avoir frappé trois pétroliers iraniens, dont un près de l’île de Kharg, plaque tournante cruciale pour les exportations, en réponse aux attaques du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre des navires de guerre américains.
Cette escalade intervient alors que l’accord de cessez-le-feu conclu en juin a volé en éclats, laissant les efforts diplomatiques au point mort. Cette instabilité a eu un impact significatif sur les marchés énergétiques mondiaux. Les prix du pétrole s’envolent, tandis que le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz a chuté à son plus bas niveau depuis mai.
Crise intérieure
Sur le plan économique, l’Iran croule sous le poids d’un blocus pétrolier américain et de sanctions sévères. Alors que le ministre de l’Économie, Ali Madanizadeh, insiste sur le fait que Téhéran contrera ces pressions par des réformes internes plutôt que par des changements de politique, d’autres responsables reconnaissent la gravité de la crise.
Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a averti que les États-Unis s’exposeraient à des ripostes plus agressives en cas de nouvelles attaques et a souligné que la lutte nationale contre l’inflation et le chômage constituait désormais un enjeu majeur pour la nation.
Île de Kharg
Le conflit s’est fortement concentré sur l’île de Kharg, par où transitaient auparavant 90 pour cent des exportations de brut iraniennes. Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé que cette plaque tournante avait subi environ 550 frappes ces derniers mois, mais qu’elle restait opérationnelle.
Dans le même temps, les États-Unis continuent d’appliquer leur blocus, le Commandement central faisant état du détournement et de la mise hors d’état de fonctionner de plusieurs navires commerciaux.
Flux pétroliers mondiaux
Malgré ces perturbations, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, affirme que la marine américaine gère la situation avec succès. Il a déclaré que les flux de pétrole transitant par le détroit et les oléoducs alternatifs s’élèvent actuellement à environ deux tiers des niveaux d’avant-guerre, soit un total de plus de 9 millions de barils par jour.
Répercussions politiques
Cependant, la hausse des coûts du carburant qui en résulte exerce une pression politique sur l’administration Trump à l’approche des élections cruciales de novembre aux États-Unis.
(at)
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