Principaux renseignements
- L’Iran relance la production de missiles balistiques à l’aide d’installations souterraines cachées.
- Les stocks stratégiques et les importations russes contournent les blocus occidentaux.
- L’activité actuelle contredit les affirmations des États-Unis selon lesquelles le programme aurait été paralysé.
Des renseignements récents suggèrent que l’Iran relance sa production de missiles balistiques en utilisant des installations souterraines. C’est ce qu’on peut lire dans un article du Wall Street Journal.
Malgré les frappes ciblées menées par les forces israéliennes et américaines visant à démanteler ses capacités, Téhéran assemble des pièces préexistantes dans des sites enfouis, tels que le complexe de Khojir. Ces efforts comprennent la production à la fois de missiles à propergol solide, prêts à être lancés, et de variantes à propergol liquide. Afin d’atténuer le risque de futures attaques aériennes, l’Iran met également en place des centres d’assemblage clandestins supplémentaires.
Pas encore à plein régime
Bien que les volumes de production actuels soient inférieurs aux niveaux d’avant-guerre en raison des usines endommagées et d’un blocus naval entravant l’importation de matières premières et de composants, les experts estiment que cette reprise était inévitable. Tal Inbar, de la Missile Defense Advocacy Alliance, a fait remarquer que la cessation des bombardements permet la restauration des infrastructures et l’acquisition de pièces étrangères.
Les renseignements indiquent que l’Iran possède des milliers de missiles et dispose de stocks suffisants de systèmes de guidage, de châssis et d’ogives pour en construire plusieurs centaines supplémentaires.
Récits officiels contradictoires
Ces conclusions contredisent les affirmations précédentes du gouvernement américain. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, avait auparavant affirmé que près de 90 pour cent de la base industrielle militaire iranienne avait été éliminée, et le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait qualifié le programme de missiles de « définitivement paralysé ».
Cependant, l’activité actuelle suggère que l’accalmie des hostilités a fourni à Téhéran le répit nécessaire pour se remettre sur pied.
Infrastructures
L’Iran continue d’utiliser des armes telles que le Kheibar Shekan, un missile mobile et économique conçu pour épuiser les défenses aériennes adverses par des frappes à haut volume. Cela a été mis en évidence par une récente attaque contre une base occupée par les États-Unis en Jordanie, où des projectiles équipés d’ogives à fragmentation ont été déployés.
Les données satellitaires confirment en outre que l’Iran est en train de restaurer des infrastructures critiques, notamment des ponts et des points d’accès à des tunnels qui avaient été détruits auparavant.
Aide étrangère
La résilience de ce programme trouve son origine dans les années 1980 et dans une philosophie de conception fondée sur la décentralisation. Nicole Grajewski, spécialiste de la stratégie iranienne, souligne que le réseau de missiles se reconstitue plus rapidement que les ambitions nucléaires du pays.
De plus, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en juin, l’Iran a contourné les blocus navals occidentaux en important des munitions, des explosifs et des composants de drones depuis la Russie via la mer Caspienne. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

