L’État australien de Victoria souhaitait inscrire le télétravail dans la loi, mais cette proposition se heurte à une certaine résistance


Principaux renseignements

  • La résistance des entreprises a bloqué le projet de loi sur le télétravail de l’État de Victoria.
  • Le Parti travailliste est soumis à un délai serré pour faire adopter la loi avant les élections de novembre.
  • Les concessions du gouvernement comprennent des dates de mise en œuvre flexibles et des dérogations pour les secteurs d’activité en période de forte activité.

Une initiative pionnière du gouvernement de l’État de Victoria visant à garantir légalement des options de télétravail aux salariés est actuellement au point mort en raison d’une forte résistance de la part des entreprises, des rivaux politiques et de la perspective de batailles judiciaires. Le projet de loi, qui permettrait aux salariés éligibles de travailler à distance deux jours par semaine, a été renvoyé de justesse devant une commission parlementaire pour une analyse plus approfondie après avoir échoué à obtenir une approbation immédiate.

Réactions négatives du secteur

Les représentants du secteur ont salué cette décision. Cath Evans, du Property Council, a souligné que cette démarche visant à réévaluer la légalité et l’impact pratique du projet de loi était nécessaire, précisant que les organisations patronales étaient prêtes à porter l’affaire devant la Haute Cour.

Pression du temps

La commission devant rendre ses conclusions avant le 20 octobre, le gouvernement doit respecter un délai très serré avant les élections du 28 novembre. Le Premier ministre Ben Carroll a déjà prévu des sessions législatives extraordinaires pour respecter ce calendrier, son gouvernement travailliste s’attendant à une campagne difficile face à des adversaires de droite et conservateurs.

Selon Zareh Ghazarian, de l’université de Monash, cette question reste un enjeu politique majeur. Il estime que le Parti travailliste s’appuiera probablement fortement sur ces lois pendant sa campagne, car le concept de télétravail garanti est populaire auprès de l’électorat. Pour garantir l’adoption du projet de loi, le gouvernement pourrait chercher à nouer des alliances avec des députés indépendants.

Compromis proposés

Afin de minimiser les réactions négatives, le gouvernement a introduit plusieurs modifications. Celles-ci comprennent des dispositions permettant aux employeurs de suspendre le télétravail pendant les pics d’activité critiques ou lors d’événements majeurs.

De plus, il a été confirmé que les salariés à temps partiel sont inclus dans cette obligation. La mise en œuvre a également été repoussée au 1er juillet de l’année prochaine, avec une prolongation supplémentaire jusqu’en janvier 2028 pour les entreprises employant moins de 15 personnes.

Scepticisme persistant des chefs d’entreprise

Malgré ces concessions, la Chambre de commerce et d’industrie de Victoria reste critique. C’est ce qu’indique Bloomberg. Sa directrice générale, Sally Curtain, a déclaré que, bien que le Premier ministre ait adopté certaines suggestions du secteur, les défauts fondamentaux de la législation subsistent, arguant que le projet de loi était mal conçu dès le départ. (fc)

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