La « bonne nouvelle » de l’inflation: les prix de l’immobilier commencent à baisser

Selon Hines, géant de l’investissement dans l’immobilier, certains prix ont déjà baissé de 10%. Il s’agit certes d’une bonne nouvelle pour les acheteurs, mais pourrait-il aussi s’agir d’un signe d’une crise économique en devenir?

Le marché immobilier des Etats-Unis et d’Europe commence à montrer des signes de ralentissement. Dans certaines zones, les prix ont même baissé de cinq à dix pour cent, comparés à il y a un an, explique David L. Steinbach, directeur des investissements pour Hines, un groupe qui a plus de 90 milliards de dollars d’actifs à son compte et est présent dans 27 pays.

L’Europe suit une trajectoire lancée par les Etats-Unis, explique-t-il, interrogé par Bloomberg. Si les prix baissent, c’est que les acheteurs commencent à manquer, en résumé. Les entreprises notamment repensent leurs plans d’expansion, comme elles doivent faire face à des coûts plus élevés, notamment à cause des prix de l’énergie. La hausse des taux d’intérêt représente également un coût plus élevé à prendre en compte, et cela contribue à la chute de la demande, continue-t-il.

« L’inflation plus élevée fait sans aucun doute son chemin dans l’immobilier privé », explique Steinbach. « Les bassins d’enchères s’amincissent. » Il s’attend à quelques mois plutôt durs, du point de vue des vendeurs. Mais du point de vue des acheteurs, un frein dans les prix de l’immobilier sera plutôt accueilli comme une bonne nouvelle.

Trop, c’est trop?

Depuis des années, les taux d’intérêt bas, nuls ou même négatifs ont contribué à enflammer le marché immobilier. Dans le même temps, les retours sur les obligations et les comptes épargnes ont été dérisoires, favorisant également l’immobilier comme source de revenu passif. Les prix ont atteint des records.

Les prix de l’immobilier se sont aussi envolés plus rapidement que les salaires. Dans les jeunes générations, il existe une véritable angoisse par rapport aux prix exorbitants de l’immobilier, qui étaient proportionnellement moins élevés pour les générations précédentes, surtout lors des Trente Glorieuses.

En Belgique, le marché de l’immobilier montrait déjà des signes de stabilisation il y a quelques semaines. Mais au vu des prochaines hausses des taux de la part de la BCE, le marché est reparti pour un dernier sprint en mai. Mais les hausses des taux sont inévitables, et les prix devraient donc être freinés : comme prêter de l’argent coûtera plus cher, la demande sera réduite, et pour trouver des acheteurs, les propriétaires devront ne plus augmenter ou baisser les prix.

D’un autre côté, un effondrement du marché immobilier a souvent été l’antécédent d’une crise économique plus profonde, comme en 2007 avec les subprimes. L’immobilier est habituellement considéré comme une valeur sûre, qui peut aussi servir de couverture contre l’inflation – le monde économique reste donc à l’affût de l’évolution des courbes. La question sera alors de savoir si les prix étaient dans une bulle spéculative et se stabilisent actuellement pour revenir à une valeur plus normale, ou si la chute de la demande et des prix est un signe de maladie plus grave pour l’économie dans son ensemble.

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