Boris Johnson sur la sellette, voici celui qui pourrait être son successeur

Boris Johnson – EPA

Cela fait un peu plus d’un an que Boris Johnson a pris la place du Theresa May à la tête du Royaume-Uni. Mais la crise du coronavirus et le Brexit pèsent lourd sur sa popularité. Les membres de son propre parti réfléchissent de plus en plus à le remplacer par le ministre des Finances, Rishi Sunak.

Il faut dire que la gestion de la crise fut bien compliquée pour Boris Johnson. Il est d’abord parti sur l’idée de l’immunité collective, ce qui signifiait un refus du confinement et une libre circulation du virus. Mais au vu des critiques des autres pays européens, il a fait marche arrière et et s’est résolu à confiner le pays. Malheureusement un peu trop tard puisqu’en deux mois près de 35.000 personnes y sont décédées. Ensuite, c’est sa politique de testing qui n’a pas réussi à convaincre.

Dans le même temps, le Premier ministre devait chercher un accord commercial avec l’Union européenne. Le Royaume-Uni quittera définitivement le marché commun à la fin de l’année. Mais nous voilà début octobre et les deux parties s’opposent toujours sur de grands sujets. C’est un véritable échec pour Boris Johnson. Et le parti conservateur commence doucement à perdre patience, selon le média Bloomberg.

Les mesures par décret

La politique contre la pandémie du Premier ministre est de plus en plus contestée dans son parti. Boris Johnson est accusé de s’être entouré d’un petit nombre de conseillers et de suivre à la lettre ce que disent les scientifiques, sans penser aux conséquences des restrictions pour l’économie. En outre, il impose toutes les décisions par décret, de manière à ce que les députés ne puissent pas donner leur avis et voter pour ou contre ces nouvelles mesures.

À la base, le parti conservateur n’est pas partisan des aides d’États et fonctionne plutôt sur les bases héritées du mercantilisme et du laissez-faire. Les mesures du Premier ministre sont à l’exact opposé de cette philosophie.

Sunak, le sauveur

Le chancelier de l’Echiquier, Rishi Sunak, a réussi à afficher ces valeurs des tories pendant la crise, malgré les critiques de la population. Il a notamment annoncé la fin du programme de soutien au salaire, car, selon lui, il n’est pas possible de ‘sauver tous les emplois’. Une décision qui va à l’encontre des conseils du FMI, mais qui plait dans le parti conservateur. Le ministre des Finances n’a pas hésité à montrer sa frustration quant aux mesures décidées par Boris Johnson, considérant que le pays doit ‘vivre sans peur’.

En outre, Sunak a déjà commencé sa campagne pour prendre la tête du pays. Il rencontre régulièrement des députés haut placés – qui pourraient voter pour lui en cas de nouvelles investitures – lors de petits déjeuners informels. Sa communication, son attention aux nouveaux parlementaires, sa politesse, etc. font de lui la personnalité la plus connue du parti après Boris Johnson.

La perte de Johnson

A contrario, le Premier ministre semble avoir perdu sa joie de vivre. Bien qu’un enthousiasme trop présent ferait mauvaise figure au vu de la situation du pays, c’était la marque de fabrique de BoJo. Mais il semble que sa santé lui cause encore quelques soucis. Pour rappel, Boris Johnson a attrapé le Covid-19 en avril dernier. Selon certains bruits de couloirs repris par Bloomberg, le chef d’État souffre toujours des conséquences de la maladie.

En cas de vote dans le parti pour un nouveau chef du gouvernement, plus de 100 députés seraient prêts – toujours selon Bloomberg – à voter pour Sunak. Dans ce cas, la politique contre le coronavirus du Royaume-Uni serait plus proche de la vision suédoise, que des décisions européennes. Le pays pourrait alors faire passer l’économie avant la santé publique. Alors que la reprise des contamination explose dans toute l’Europe.