15 jours d’insurrection : 100.000 Biélorusses défient les menaces de Loukachenko

EPA

L’immense mouvement de protestation auquel le président biélorusse Alexandre Loukachenko fait face depuis deux semaines n’est pas près de cesser. Hier, des milliers de Biélorusses se sont rassemblés dans les rues de Minsk. La population a souhaité réagir contre le président qui a ordonné, samedi, à l’armée de prendre les ‘mesures les plus strictes’ pour défendre l’intégrité territoriale du pays.

Jeunes et moins jeunes agitaient ce dimanche des drapeaux rouges et blancs aux couleurs de l’opposition pour contester les derniers résultats de votes mais aussi, les dernières mesures prises par le président Loukachenko. Alors que, selon certains médias, près de 100.000 participants s’étaient rassemblés sur place, la télévision de l’État biélorusse n’a renseigné que 20.000 personnes aux nouvelles.  

De quoi s’agit-il ? 

Depuis deux semaines maintenant, les Biélorusses descendent dans la rue pour manifester contre le président sortant Alexandre Loukachenko. Président de l’État depuis 1994, la population lui reprochait déjà d’être resté au pouvoir en imposant des répressions et des élections falsifiées. 

selon les résultats officiels, Loukachenko aurait remporté la dernière élection présidentielle du 9 août avec 80 % des voix. La candidate de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, n’aurait quant à elle obtenu que 10 % des voix. Une victoire jugée anti-démocrate et falsifiée.

Samedi, le président Loukachenko s’est rendu auprès de ses unités militaires déployées à Grodno, à la frontière polonaise. Il a critiqué les protestations en affirmant qu’elles étaient organisées ‘depuis  l’extérieur’. Le président a ordonné à son ministre de la Défense de ‘prendre les mesures les plus strictes pour défendre l’intégrité territoriale du pays’. 

Des élections libres et équitables

Vendredi, la candidate de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa s’est également exprimée. Après les élections présidentielles, elle a été contrainte de quitter le pays pour la Lituanie pour éviter la prison, mais elle n’a pas l’intention d’y rester. ‘Dans mon pays, tout le monde a peur, mais nous devons surmonter cette peur et aller de l’avant. J’espère que les dirigeants biélorusses écouteront leur peuple’, a-t-elle déclaré pour plaider en faveur d’élections libres et équitables.