Les Belges réclament plus de pouvoir d’achat, mais donnent à l’État plus de 20 millions d’euros pour un rendement presque dix fois inférieur à l’inflation

L’inflation semble inarrêtable et les appels à la protection du pouvoir d’achat se font de plus en plus forts. Paradoxalement, les Belges déversent des millions d’euros à l’État, pour une broutille. Le gouvernement a pu lever plus de 20 millions en émettant des bons, ou obligations, d’Etat. Les recettes qui en découlent pour les investisseurs sont bien trop faibles pour suivre l’inflation.

Le mois dernier, l’inflation belge a atteint 9,94%, le niveau le plus élevé depuis mars 1976. Le rapport sur l’inflation de l’office statistique belge Statbel montre également que la hausse des prix de l’énergie entraîne une augmentation du prix d’autres produits. C’est ce que prouve aussi une comparaison de prix de l’organisation de consommateurs Test-Achats, qui montre que les produits en supermarché ont augmenté en moyenne de 12,33% par rapport à l’année dernière.

Plus de 20 millions d’euros

Il n’est donc pas surprenant que les appels pour plus de pouvoir d’achat soient de plus en plus forts. Pourtant, de nombreux Belges semblent n’avoir aucun problème avec le fait que cette même inflation grignote leurs économies. Dans notre pays, quelque 300 milliards d’euros sont gardés sur des comptes d’épargne. Dans la majorité des banques, vous devez vous contenter d’un taux d’intérêt de 0,11%, ce qui se traduit par une perte de pouvoir d’achat de 9,83%.

Cela contribuera sans doute à expliquer pourquoi les obligations d’État se portent si bien. L’État a pu emprunter de cette manière 20.6 millions EUR à la population belge. Les bons d’État à dix ans (avec un taux d’intérêt brut de 1,70%) ont été les plus populaires, avec plus de 8,7 millions d’euros souscrits. Les obligations d’État à cinq ans (taux d’intérêt de 1,05%) ont rapporté 8 millions d’euros, et les obligations à huit ans (taux d’intérêt de 1,40%) ont rapporté 3,8 millions d’euros.

Les Belges sont accros à la sécurité

Nous avons déjà écrit que c’est principalement l’État qui bénéficie de ces taux. Après tout, il peut emprunter de l’argent à très bon marché. Les investisseurs, quant à eux, doivent immobiliser leur capital pendant une certaine période et reçoivent en échange un rendement très modeste, après déduction d’un impôt anticipé de 30%. Ceux qui confient leur capital à l’État pendant dix ans doivent se contenter d’un rendement annuel de 1,19% net. C’est une bagatelle si l’on sait qu’on n’a pas accès à son capital pendant une décennie.

Les Belges semblent prêts à sacrifier une partie de leur pouvoir d’achat en échange de la sécurité. Certes, les rendements sont plus élevés que sur un compte d’épargne, mais le capital investi perd toujours de la valeur. Au taux d’inflation actuel, vous perdez 8,75% de votre pouvoir d’achat avec ces obligations à dix ans. La perte de pouvoir d’achat peut diminuer avec la baisse de l’inflation.

Toutefois, le taux d’inflation doit ralentir à 1,18% si l’on veut obtenir un taux d’intérêt réel positif avec une obligation d’État à dix ans. Nous sommes actuellement très loin d’une telle situation. Il y a peu de chances que la Banque centrale européenne (BCE) laisse l’inflation tomber à ce niveau. Après tout, le régulateur vise une dépréciation monétaire de 2% à moyen terme.

Le gouvernement se prépare déjà à émettre de nouveaux billets d’État. En décembre, il passera normalement à nouveau avec le chapeau.

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