Après une année difficile pour Cathie Wood, 2022 s’annonce-t-elle vraiment meilleure ?

Gagnant après la pandémie, mais perdant en 2021. Le cours du fonds négocié en bourse d’Ark Invest, la société de Cathie Wood, qui misait sur les actions « restez-à-la-maison » pour une sortie de pandémie hybride, a chuté de 25% sur l’année. Une baisse avant la rentabilité sur le long terme? Pour le futur, quels autres tours Cathie Wood a-t-elle dans son chapeau?

En 2020, au début de la pandémie de coronavirus, la célèbre investisseuse Cathie Wood avait immédiatement misé sur les bons chevaux. Elle a ajouté des actions « restez-à-la-maison » au portefeuille d’actifs que gère son entreprise. Le fonds négocié en bourse (ETF) a bondi de plus de 150% en 2020.

Sauf qu’en 2021, les choses ont été moins roses. Ces actions « stay-at-home« , comme Zoom, Teladoc (consultation médicale à distance) et Docusign (signature de documents à distance) ont été le boulet au pied de l’ETF, qui a perdu 25% depuis janvier, l’action passant de 124 dollars à 94 aujourd’hui. Sur l’année, l’action de Zoom a perdu 50%, celle de Teladoc 55% et celle de Docusign 36%.

Mais Cathie Wood ne changera pas de cap. La question autour de la valeur, ou non, de ces actions, est son interprétation dans le futur. D’un côté, les investisseurs se disent que la pandémie arrive à sa fin et que ces solutions n’auront plus d’intérêt, et tournent donc leur attention vers d’autres actions. De l’autre côté, des avis, dont celui de Cathie Wood, estiment qu’avec ou sans pandémie, le distanciel restera de mise dans la société.

Pour l’investisseuse, ces entreprises entrent maintenant dans une période de valeur profonde. Pour elle, les actions vont bientôt surperformer à nouveau. Les revenus trimestriels des entreprises, vus comme un critère fondamental d’évaluation, continuent de croître. Depuis juillet 2020, les revenus de Zoom ont par exemple augmenté de 58%. De quoi faire vivre une meilleure année 2022 à l’ETF qu’Ark Invest gère?

Investissements dans les technologies du futur

Cathie Wood est connue pour repérer les domaines qui marqueront de bons points demain, comme les technologies disruptives. Elle est connue également pour des paris risqués, mais qui peuvent rapporter gros. Elle a alors jeté son dévolu sur ces cinq domaines : le séquençage de l’ADN, la robotique, le stockage de l’énergie, l’intelligence artificielle et la blockchain.

Dans cet état d’esprit du risque et de l’innovation, elle n’est pas une grande fan des indices de référence comme le S&P 500. Pour elle, les domaines pré-cités vont bouleverser l’ordre du monde représenté par des indices comme le trop sage S&P 500

« Au lieu de rechercher des opportunités d’investissement passionnantes dans l’espace d’innovation en plein essor, les investisseurs semblent étreindre les indices de référence et se tourner vers le passé pour trouver des succès futurs », a-t-elle déclaré sur son blog, cité par Yahoo Finance. « Les indices de référence guident les investisseurs vers des entreprises qui ont déjà connu un succès considérable. »

Pour l’instant, le fonds est en baisse – et ensuite?

Les 25% que le fonds a perdu sur l’année, le S&P 500 les a gagnés. Même si, il est vrai, il a été emporté par les Big Tech, ou encore Tesla, qui ont vu leurs actions exploser. Une chute pour Ark certes, mais sur le long terme les résultats viendront, entrevoit Cathie Wood.

Et s’ils ne venaient pas? Certaines voix sont plus critiques, et se demandent si l’investisseuse évalue bien les risques. Robby Greengold, de l’entreprise de stratégie boursière Morningstar, estime par exemple que le fonds est devenu difficile à gérer car devenu plus grand, regroupant aujourd’hui 18 milliards en valeur totale. Atteindre les rendements qu’il atteignait lorsqu’il était moins important sera plus difficile.

Autre point critiqué : jusqu’à quel pourcentage de chute les investisseurs vont-ils suivre? « Je pense que, dans l’ensemble, elle va probablement avoir une stratégie gagnante, mais les investisseurs auront-ils les moyens de la suivre si le fonds est en baisse de 30, 40 ou 50% par rapport à son sommet? », se demande dit Dick Pfister, de la société de gestion de fortune AlphaCore. « Elle devra être capable de résister aux retraits d’actifs qui vont probablement s’ensuivre. »

Les actifs risqués qu’elle gère sont plus vulnérables à une augmentation du taux d’intérêt ; augmentation que la Réserve fédérale a prévu de faire l’année prochaine. En 2022, le fonds pourrait donc rester sous pression.

Mais face aux rétractions possibles, ou autres critiques, Wood s’est aussi exprimée sur son blog. « À notre avis, ces réactions pavloviennes s’avéreront tout aussi erronées que celles qui ont eu lieu aux premiers jours de la crise du coronavirus. Elles sont rétrogrades et ne reconnaissent pas que les entreprises qui investissent agressivement aujourd’hui sacrifient la rentabilité à court terme pour une raison importante : tirer parti d’une ère d’innovation comme le monde n’en a jamais connue. »

« Contrairement aux entreprises paralysées par des actionnaires orientés vers le court terme et exigeant leurs bénéfices et leurs dividendes « maintenant », les entreprises réellement innovantes sont à l’offensive », a-t-elle encore ajouté. Le futur nous dira alors si cette offensive sera payante, ou si Cathie Wood découvrira encore l’opportunité qui deviendra le prochain pari gagnant.

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