Après le probable sabotage de Nord Stream : quelle est la solidité de l’approvisionnement en gaz de l’Europe ?

Deux questions interpellent tous les gouvernements européens. Qui est derrière le probable sabotage des gazoducs Nord Stream ? Et toute autre infrastructure énergétique critique est-elle vulnérable aux dommages délibérés ?

L’île danoise de Bornholm a fait la une de l’actualité mondiale toute la journée car trois fuites dans les gazoducs sous-marins reliant la Russie et l’Allemagne ont été identifiées à proximité : une dans le gazoduc Nord Stream 2, qui n’est pas utilisé, et – plus inquiétant – deux dans la ligne cruciale Nord Stream 1, qui est actuellement à l’arrêt.

Il n’est pas certain qu’il s’agisse d’un sabotage, mais les experts et les agences gouvernementales l’anticipent fortement. Pour le Danemark et la Suède, il n’y a plus beaucoup de doutes.

  • La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a clairement mentionné la possibilité d’un sabotage, après que des stations de surveillance sismologique en Suède et au Danemark ont enregistré des explosions exactement à proximité des fuites.
  • La Première ministre suédoise Magdalena Andersson a également déclaré qu’il s’agissait « probablement d’un acte délibéré ».
  • Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, parle sans détours d’une « action de sabotage », sans se prononcer sur un éventuel auteur. « Toute perturbation délibérée des infrastructures énergétiques européennes actives est inacceptable et entraînera la réaction la plus forte possible », a-t-elle averti.
  • L’Allemagne et la Pologne utilisent également le S-word et n’excluent pas l’implication de la Russie, bien que personne ne désigne explicitement un coupable.
  • Le plus affirmatif est le conseiller présidentiel ukrainien Mikaylo Podolyak. « Il parle d’une attaque terroriste de la Russie pour déstabiliser l’UE ».

Le prix du gaz s’envole

Les experts soulignent qu’à première vue, il serait étrange que la Russie endommage sa propre infrastructure économique. Mais si ce n’était pas la Russie, qui en serait à l’origine ?

Cette forte incertitude se traduit immédiatement par une hausse des prix du gaz sur le marché de gros. Le prix du gaz sur le marché de référence néerlandais a augmenté de 19 % mardi, pour atteindre 208 euros par mégawattheure ce mercredi matin. En effet, les chances de redémarrage de Nord Stream 1 ont été réduites à presque zéro.

La hausse des prix est également liée à un éventuel arrêt de l’approvisionnement en gaz russe de l’Europe via les installations de la société publique ukrainienne Naftogaz. Le fournisseur russe Gazprom et Naftogaz sont en conflit juridique.

Une vigilance accrue

Les derniers développements soulèvent également des questions sur la robustesse des approvisionnements en gaz européens.

Les services de sécurité belges, dont l’agence antiterroriste OCAD, mènent déjà des consultations sur la sécurité des installations de gaz dans notre pays, a appris De Tijd. Le gestionnaire de réseau de gaz Fluxys renforce lui aussi sa vigilance.

Auparavant, le Danemark, la Suède et la Norvège avaient pris des mesures similaires, tandis que l’Allemagne dit ne pas craindre pour son approvisionnement, ses réserves de gaz étant pleine à 91%.

Au niveau européen, les stocks sont remplis à hauteur de 87,8%, selon Gas Infrastructure Europe (GIE).

BL

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