Après les moteurs de recherche, l’IA générative va-t-elle rendre les assistants virtuels plus humains ?

Les interactions avec les assistants virtuels restent encore aujourd’hui très basiques, et ce, même s’ils utilisent une voix humaine et sont en mesure de faire de l’humour, mais le nouvel engouement pour l’IA générative pourrait bien corriger cela.

Pourquoi est-ce important ?

Grâce à ChatGPT, l’intelligence artificielle générative connaît un intérêt nouveau, de sorte que des géants tels que Microsoft et Google en ont fait leur cheval de bataille et travaillent à l’intégrer à leur moteur de recherche respectif. Mais le potentiel de cette technologie ne s’arrête pas à des plateformes en ligne et pourrait bien, à terme, se retrouver dans d’autres services, notamment les assistants virtuels.

L’actualité : le PDG d’Amazon, Andy Jassy, confirme que l’entreprise travaille depuis un moment déjà sur une intelligence artificielle de type ChatGPT.

  • « Je pense que c’est excitant, ce qui est possible avec l’IA générative », a-t-il indiqué lors de la dernière conférence de présentation des résultats d’Amazon, plus tôt ce mois-ci, rapporte le Financial Times.
  • « Et cela fait partie de ce que vous voyez avec des modèles comme ChatGPT. Mais la plupart des grandes entreprises profondément techniques comme la nôtre travaillent elles-mêmes depuis longtemps sur ces très grands modèles d’IA génératives », a-t-il poursuivi.

Contexte : si l’on retrouve l’IA et la technologie d’apprentissage automatique dans les opérations d’Amazon, de même que dans ses services web (AWS), certains partisans s’inquiètent que l’entreprise ait pris du retard dans la course à l’IA générative face à Microsoft et Google.

  • « Microsoft est clairement en tête et a déjà gagné beaucoup de notoriété » dans ce secteur, a déclaré Matt McIlwain, directeur général de Madrona Venture Group, qui a travaillé en étroite collaboration avec Amazon pendant près de 20 ans, rapporte le média britannique.
  • « Amazon doit être conscient de cette tendance massive vers des applications intelligentes et génératives. Amazon doit élaborer sa réponse stratégique », a-t-il ajouté.

Des propos rassurants : la prise de parole d’Andy Jassy a certainement permis de rassurer les investisseurs, le PDG d’Amazon est conscient de la révolution qui est en marche et, si l’entreprise ne s’est pas encore lancée dans la course, cela ne veut pas dire qu’elle ne se prépare pas pour le marathon.

Patienter pour mieux se lancer

Amazon travaille donc sur une IA générative, et ce, « depuis longtemps  » Chouette. Cependant, certains pourraient se demander pourquoi le géant des sites de vente en ligne ne suit pas Microsoft et Google. La réponse pourrait être très simple : ChatGPT ne menace pas directement ses services.

  • Les firmes de Redmond et de Mountain View se sont lancées à corps perdu dans la guerre aux IA, car ils ont vu dans ChatGPT une vraie menace pour leur moteur de recherche respectif.
    • Plus efficace, mais aussi plus humain, le chatbot d’OpenAI a effectivement de quoi leur faire de l’ombre. D’autant plus qu’il est capable de réaliser davantage de tâches, comme créer un scénario, répondre à un mail ou corriger du code informatique.
    • C’est pourquoi Microsoft s’est rapproché de l’entreprise à l’origine de ChatGPT, avec projet de l’intégrer à son moteur de recherche, et que Google a dévoilé dans la précipitation son propre service conversationnel.
  • Or, pour le moment, ChatGPT, de même que les IA génératives de Microsoft et de Google, ne représentent pas une menace directe pour Amazon. Voilà sans doute la raison pour laquelle l’entreprise prend son temps pour dévoiler le projet sur lequel elle travaille « depuis longtemps ».
    • Peut-être qu’elle cherche également à éviter les erreurs des deux autres géants de la tech qui ont finalement présenté des IA bancales, avec des réponses parfois erronées.
    • Le vice-président senior des appareils et des services chez Amazon, David Limp, a indiqué au Times que ChatGPT était un concurrent sain pour Alexa, mais que sur le court terme, il ne lui faisait pas peur. La création d’OpenAI souffre en effet de trop de lacunes en termes de connaissances.
    • Il estime d’ailleurs qu’Alexa est plus fiable pour des recherches d’informations.  

Alexa toujours plus humaine

Mais en quoi une intelligence artificielle générative pourrait bien profiter à Amazon ? Une IA du niveau de ChatGPT pourrait améliorer l’expérience utilisateur de plusieurs services de l’entreprise.

  • On peut en effet imaginer l’intégration d’une IA générative sur son site de vente en ligne, afin de renseigner ou conseiller les visiteurs sur tel ou tel produit.
  • Son service client pourrait évoluer vers un chatbot amélioré, réellement capable de comprendre les demandes des clients et d’y répondre de la même manière qu’un humain pourrait le faire.
  • À moins qu’Amazon utilise cette technologie pour améliorer son assistant virtuel, Alexa.

Les assistants virtuels sont en réalité des intelligences artificielles capables de comprendre les commandes vocales de leurs utilisateurs et d’y répondre vocalement ou non. S’ils sont plutôt efficaces à ce niveau, interagir avec eux ne fait pas illusion. Nous n’avons pas l’impression d’échanger avec un assistant humain. C’est là que ChatGPT pourrait s’avérer utile.

  • Le chatbot d’OpenAI se démarque de ce qui a été fait précédemment du fait que ses réponses se rapprochent de celles que pourrait produire un être fait de chair et de sang.
  • Il a provoqué une véritable révolution qui poussera forcément les entreprises technologiques proposant des assistants virtuels à s’aligner, au risque de perdre la bataille face à la concurrence.

Cependant : ce type d’assistants est très différent d’un chatbot textuel ou d’un moteur de recherche dopé à l’IA.

  • Par ailleurs, Microsoft et Google l’ont montré avec leur propre réalisation : leur IA respective est loin d’être aboutie.
  • Il leur faudra certainement encore plusieurs années pour atteindre le niveau d’expérience promis.
  • En attendant, des améliorations pourront être apportées aux assistants virtuels, grâce au développement d’IA générative plus humaine, mais là aussi, il faudra être patient.

À l’avenir : on peut d’ailleurs imaginer que dans un futur plus ou moins proche, les assistants virtuels deviendront de véritable compagnon de vie – voyons grand. Ils ne seront plus là pour répondre à nos demandes, mais pour converser avec nous.

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