L’Inde fait bondir ses importations de pétrole russe à 2,64 millions de barils par jour


Principaux renseignements

  • L’Inde importe désormais près de la moitié de son pétrole de Russie.
  • L’instabilité au Moyen-Orient oblige New Delhi à diversifier ses fournisseurs d’énergie.
  • Les attaques visant les raffineries russes et la chute des prix soutiennent la hausse des exportations russes de pétrole brut.

L’Inde a considérablement accru ses achats de pétrole brut russe, atteignant un pic de 2,64 millions de barils par jour le mois dernier. Cette hausse marque un tournant majeur par rapport à la période précédant le conflit en Ukraine et porte désormais la part du pétrole russe à près de la moitié des importations totales de l’Inde. Cette tendance est en outre favorisée par le recours à des intermédiaires et à des entités non soumises aux sanctions, ce qui a permis aux livraisons de se poursuivre malgré les restrictions américaines.

Instabilité au Moyen-Orient

Ce recour au pétrole russe s’explique en partie par les graves instabilités qui secouent le Moyen-Orient. Les livraisons en provenance de la région du Golfe ont chuté en raison de l’effondrement d’un accord de paix temporaire entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a entraîné une reprise des hostilités et des blocus navals dans le détroit d’Ormuz. De plus, les menaces des rebelles houthis au Yémen ont mis en péril les ports saoudiens situés le long de la mer Rouge.

Diversification

En conséquence, l’Inde s’est non seulement tournée vers Moscou, mais a également augmenté ses importations de brut plus lourd en provenance de pays d’Amérique latine et d’Afrique, tels que le Venezuela, le Brésil et l’Angola, afin de diversifier ses sources d’énergie.

Des raffineries russes sous pression après des attaques de drones

La dynamique interne russe contribue également à cette augmentation des exportations. Les frappes de drones ukrainiens sur des raffineries russes, notamment celle de Yanos, ont paralysé les capacités nationales de raffinage, faisant chuter les volumes de raffinage à leur plus bas niveau depuis plus de deux décennies.

La Russie ne pouvant pas traiter ce pétrole sur son territoire, elle est contrainte d’exporter davantage de brut à l’étranger. De plus, les raffineurs indiens ont été attirés par une baisse constante des prix, le coût du brut russe ayant diminué pendant treize semaines consécutives.

Des droits de douane pouvant atteindre 100 pour cent

Malgré cette croissance, les risques géopolitiques persistent. Des inquiétudes persistent concernant un éventuel projet de loi américain sur les sanctions qui pourrait cibler les principaux acheteurs d’énergie russe avec des droits de douane pouvant atteindre 100 pour cent. Si certains raffineurs indiens se sont montrés réticents au départ en raison de ces menaces, la nécessité actuelle d’assurer la sécurité énergétique et de bénéficier de prix bas a pris le pas sur ces préoccupations.

La Russie reste un fournisseur clé du marché sud-asiatique

Sur le plan logistique, la forte hausse des exportations a pour conséquence qu’une plus grande quantité de pétrole russe demeure plus longtemps en mer, soit environ 137 millions de barils au total. De nombreux pétroliers de la « flotte fantôme » sont ainsi ancrés au large de Singapour, tandis que d’autres attendent un transbordement dans le Pacifique et en Méditerranée.

Bien que la valeur marchande totale de ces exportations ait fluctué en raison de la baisse des prix de référence, le volume global continue de dépasser les moyennes annuelles précédentes, consolidant ainsi le rôle de la Russie en tant que fournisseur essentiel du marché sud-asiatique.

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