A son tour, le France flirte avec les pays du Golfe pour qu’ils augmentent les livraisons d’énergies fossiles vers l’Europe

Pour se défaire du gaz et du pétrole russe, l’Europe aura besoin de tous les moyens qu’elle peut trouver. Et une région du Globe prend de plus en plus d’ampleur dans les propositions de solutions alternatives : le Golfe Persique.

Alors que l’Europe appelle à l’unité en ces temps de crise énergétique, par exemple avec un achat groupé de ressources, comme ce fut le cas pour les vaccins lors de la pandémie, différents Etats membres explorent déjà les pistes pour garantir leur approvisionnement. L’Allemagne par exemple, à travers son ministre de l’Economie Robert Habeck (Vert), s’est rendue (entre autres) au Qatar – sous de vives critiques, l’accusant de se détourner d’un dictateur (Poutine) pour se servir auprès d’un autre. Boris Johnson, Premier ministre britannique (pays non UE mais qui participe également aux sanctions contre Poutine), a été l’objet de la même volée de bois vert, quelques jours plus tôt.

Des critiques sur le plan humaniste qui n’ont pas semblé décourager la France. Dimanche, le chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian s’est entretenu avec ses homologues émirati et saoudien. Le but : diversifier les approvisionnements européens, rapporte BFM Business. Il a appelé, au nom de l’Europe, les pays du Golfe à augmenter leur production, toujours en-deçà de la production d’avant la pandémie.

Cette semaine, le ministre des Affaires étrangères français se rendra également au Qatar, en vue de discuter de l’augmentation de livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Le pays est, derrière les Etats-Unis, un des plus gros producteurs de GNL au monde.

La géopolitique aussi abordée

Samedi, un missile, envoyé par les rebelles houthis du Yémen est tombé sur un site de stockage de pétrole, en Arabie Saoudite. En janvier déjà, les rebelles avaient envoyé des missiles sur Abu Dhabi. Depuis 2015, une coalition menée par l’Arabie Saoudite fait la guerre contre ces rebelles, au Yémen voisin. Près de 400.000 personnes sont mortes dans ce conflit, et des vagues de famine touchent souvent le pays. Dans son appel dimanche, Jean-Yves Le Drian a condamné les attaques houthies, et a appelé à trouver une solution politique pour le conflit.

Le ministre français a vu d’un mauvais oeil la visite du dictateur syrien, Bachar al-Assad, aux Emirats (première visite officielle dans un pays arabe depuis le début du conflit syrien en 2011), et l’a fait savoir à son homologue émirati, rapporte encore BFM.

Dans la région, l’Iran est également un sujet sensible. La République islamique est accusée de donner son soutien aux rebelles yéménites, et les missiles en question étaient notamment de fabrication iranienne. Ainsi, le ministre a indiqué qu’il était important de trouver un accord dans le dossier du nucléaire iranien, qui vise l’abandon des sanctions occidentales en contrepartie de l’abandon des plans iraniens de fabrication de la bombe nucléaire. Une arme qui mettrait également mal à l’aise l’Arabie Saoudite, rivale de l’Iran. L’accord serait même proche, estiment des sources européennes. Au final, l’Occident a notamment besoin du pétrole iranien, ce qui joue également dans les négociations.

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