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À quoi servira un vaccin contre le Covid-19… si la population n’en veut pas?

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Crise du coronavirus

15/05/2020 | Dominique Dewitte | 9 min de lecture

EPA

Plague of Corruption est un livre écrit par une militante antivaccin américaine. L’ouvrage a été classé numéro un sur la liste des best-sellers d’Amazon la semaine dernière. Le mouvement antivax pourrait-il devenir suffisamment important que pour mettre en péril l’immunité du groupe contre le Covid-19 promise par un futur vaccin?

La semaine dernière, une vidéo intitulée ‘Plandémie’ a circulé sur YouTube. Elle véhiculait l’idée selon laquelle un vaccin contre le coronavirus coûterait la vie à des millions de personnes. La vidéo de 27 minutes a été visionnée 8 millions de fois avant que YouTube ne la retire de sa plateforme.

Des recherches menées par l’université d’Anvers ont montré fin avril que seuls 3% des Belges étaient immunisés contre le coronavirus. Pour stopper la propagation du virus, 50 à 70% de la population devrait disposer d’anticorps. La construction naturelle d’une immunité de groupe suffisante pourrait donc encore prendre des années. Et comme il est irréaliste de maintenir les mesures de confinement aussi longtemps, tous les espoirs sont tournés vers la mise au point d’un vaccin capable d’accélérer la constitution de cette immunité de groupe.

Les vaccins sont généralement constitués de petites parties de bactéries ou de virus, ou parfois de virus inactivés qui ne peuvent plus engendrer la maladie. Ils contiennent des éléments face auxquelles l’organisme peut réagir, par exemple en produisant des anticorps, mais sans avoir à subir la maladie elle-même. Mais les vaccins ne sont vraiment efficaces que si de larges pans de la population se font vacciner.

Les antivax, très efficaces pour propager les fausses informations

EPA-EFE/SCOTT BARBOUR AUSTRALIA AND NEW ZEALAND OUT

L’essor des réseaux sociaux a permis ces dernières années la naissance du mouvement ‘antivax’. Un petit groupe de personnes qui s’est montré particulièrement efficaces dans la diffusion de fausses informations sur les vaccins: Bill Gates aurait développé le coronavirus pour s’enrichir grâce à un vaccin mis au point à l’aide de ses propres financements, les antennes du réseau 5G accélèrent la propagation du virus, etc. La situation a pris une telle ampleur que l’OMS considère désormais le ‘doute sur la vaccination’ comme l’une des dix plus grandes menaces sanitaires qui pèsent sur le monde.

Une étude publiée dans le magazine Nature a montré que le camp des antivax compte toujours beaucoup moins d’adeptes en ligne que le camp en faveur de la vaccination. Cependant, les antivax gèrent jusqu’à trois fois plus de pages Facebook et celles-ci sont plus souvent liées par des pages neutres.

Les antivax semblent également se montrer bien plus habiles pour toucher les groupes impressionnables (les parents, par exemple) que les provax. Selon les auteurs de l’étude, il y a par conséquent de bonnes chances pour que les positions antivaccination dominent sur Facebook d’ici 10 ans.

Le principal problème réside dans le fait que la majorité des fausses informations sont diffusées par des utilisateurs individuels sur les réseaux sociaux. Et non par un pays en particulier qui poursuivrait sciemment des intérêts politiques. Il est donc très difficile de pêcher tous ces petits poissons, car sous couvert de la ‘liberté d’expression’, chacun peut appeler à ce qu’il veut sur les réseaux sociaux. Et après des années de diffusion dans ces caisses de résonnance numériques, il est désormais pratiquement impossible de faire taire ces échos.

L’Europe est de loin la région la plus sceptique du monde

La pandémie de Covid-19 menace donc de renforcer encore un peu plus le camp des antivax. Aux États-Unis, 20% des républicains ont indiqué dans un récent sondage qu’ils ne voulaient pas entendre parler d’un vaccin. Néanmoins, 64% des Américains ont déclaré qu’ils se feraient certainement vacciner si un vaccin était mis sur le marché.

En France, 24% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles ne se feraient en aucun cas vacciner, contre 74% qui le feraient.

Le journal Le Figaro a publié l’an dernier un graphique duquel on peut déduire que la France est effectivement le premier pays d’Europe en termes de positions anti-vaccins. Par exemple, un Français sur trois a des doutes quant à la sécurité des vaccins, par rapport à un peu plus d’un Belge sur cinq et seulement un Britannique sur douze. Néanmoins, l’Europe est de loin la région du monde la plus sceptique en ce qui concerne la sécurité des vaccins.

La Belgique résiste, ou pas…

La Belgique semble pour le moment résister aux sirènes des discours antivax. Mais tout indique que les choses sont en train de changer…

Par exemple, 39% des parents de jeunes enfants en Flandre se disent inquiets des graves effets secondaires des vaccins. De plus, 32% des personnes interrogées pensent que les nouveaux vaccins comportent plus de risques que ceux qui sont utilisés depuis plus longtemps. Une jeune maman sur cinq estime que son enfant ne devrait pas être vacciné contre les maladies qui ne sont plus répandues aujourd’hui. Ce chiffre monte à 22% chez les femmes enceintes et à près de 25% chez les parents d’adolescents.

Il est particulièrement inquiétant de constater que parmi la prochaine génération de parents dans notre pays, c’est-à-dire les adolescents d’aujourd’hui, un sur quatre semble déjà penser que les vaccins sont dangereux pour un bébé. Ces chiffres datent de l’année dernière, et nous ne savons pas encore dans quelle mesure ils ont évolué maintenant que le Covid-19 s’est imposé au monde.

Ce qui est certain, c’est qu’alors que le monde a besoin de toute urgence d’un vaccin contre le Covid-19, le camp de l’anti-vaccination se renforce toujours plus.

Les antivax, un mouvement bien huilé

L’acceptation générale d’un vaccin contre le Covid-19 est loin d’être acquise. Alors que les plateformes comme Facebook ou YouTube doivent lutter pour arrêter la propagation de vidéos comme ‘Plandemic’, beaucoup s’inquiètent déjà du moment où il faudra convaincre des milliards de personnes de se faire vacciner.

Les chances que les gouvernements et réseaux sociaux soient mis sur la touche par un mouvement antivax bien huilé, qui a déjà fait preuve de sa maîtrise en matière de diffusion de fausses informations et de théories du complot, ne sont plus inconcevables.

Source: BusinessAM


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