Le taux de contamination repart à la hausse, mais ce ne serait pas la faute du déconfinement

Daina Le Lardic / Isopix

Le taux de contamination du nouveau coronavirus est passé à 0,8 en Belgique, alors qu’il était encore de 0,6 il y a peu. Pour rappel, si ce taux dépasse la barre de 1, cela signifie que l’épidémie s’accélère.

Il n’y a néanmoins aucune raison de s’inquiéter à ce stade, a fait savoir le virologue Steven Van Gucht, ce jeudi sur VTM. ‘Le taux de contamination est encore bien en dessous de 1 et rien n’indique qu’il continue de monter vers 1 ou au-dessus de 1.’

Alors que le déconfinement progressif est amorcé, il pourrait être tentant d’y voir un lien avec cette hausse du taux de contamination, mais il n’en est rien, a assuré Steven Van Gucht. Pour la simple et bonne raison que ‘nous ne pourrons pas voir les conséquences, ou non-conséquences, des nouvelles mesures avant la semaine prochaine ou dans deux semaines’, a-t-il dit. Et d’ajouter que ‘les chiffres sont très favorables pour le moment, mais nous surfons toujours sur les effets du confinement strict des dernières semaines.’

Le taux de contamination est, avec le nombre de décès et celui des hospitalisations, l’un des principaux indicateurs suivis par les experts pour suivre l’évolution de l’épidémie et évaluer si les mesures de confinement peuvent être allégées ou au contraire si elles doivent être renforcées. À l’heure actuelle, ce taux est donc de 0,8, ce qui signifie qu’une personne contaminée en infecte en moyenne 0,8 autres.

‘Pas de vaccin pour tout le monde’

Par ailleurs, un autre virologue, Yves Van Laethem, a expliqué ce jeudi matin dans les journaux du groupe Sudpresse dans quel ordre la population devrait recevoir un futur vaccin, sous réserve bien sûr qu’un tel vaccin puisse être mis au point, ce qui est loin d’être acquis. Actuellement, une centaines de projets sont en cours de développement, mais aucun n’offre des perspectives de succès garanties.

Une chose est certaine, ‘il n’y aura pas un vaccin pour tout le monde’, a prévenu celui qui est également président de la section ‘vaccin’ du Conseil supérieur de la santé. ‘Logique puisque l’on part de zéro et que tous les pays vont se ruer dessus!’

Un ordre des personnes prioritaires devra donc être établi d’ici-là. ‘Premièrement, les plus de 65 ans, car 90% des décès Covid-19 et admissions aux soins intensifs sont de cette tranche d’âge’, plaide Yves Van Laethem. ‘Deuxièmement, les personnes atteintes d’hypertension ou de diabète, car 82% des personnes décédées chez les moins de 65 ans sont atteintes de telles maladies. Enfin, le personnel soignant médical et paramédical, car il est aux premières loges et est essentiel pour nous soigner’, conclut le porte-parole interfédéral covid-19.

Les chiffres de ce jeudi:

  • 81 personnes ont été hospitalisées au cours des dernières 24 heures
  • 173 patients ont pu quitter les centres hospitaliers.
  • On passe donc sous la barre des 2.000 hospitalisations avec 1.966 personnes prises en charge.
  • 407 personnes sont en soins intensifs (-20)
  • Enfin, 60 décès ont été déplorés au cours des dernières 24 heures.
  • Par ailleurs, 307 tests sont revenus positifs ce qui porte le total des personnes officiellement infectées à 54.288.