La Belgique est loin, très loin de l’immunité collective: quid dans les autres pays?

Selon une étude menée par des épidémiologistes de l’UAntwerpen, à peine 3% de la population belge était immunisée contre le Covid-19 il y a trois semaines, au moment où les prélèvements sanguins ont été effectués.

Ces résultats ont été obtenus par les épidémiologistes Pierre Van Damme et Heidi Theeten en se basant sur 3.686 tests sanguins réalisés à travers toute de la Belgique, pouvait-on lire dans De Standaard et Het Nieuwsblad jeudi. Le but des analyses était de trouver des anticorps contre le sars-CoV-2, signe d’une réponse immunitaire contre le virus. Résultat, seuls 3% des Belges possédaient ces anticorps au début du mois d’avril.

Déconfinement

À l’heure où l’on parle de plus en plus de déconfinement, notamment suite à la fuite d’une première ébauche de recommandations formulées par le groupe d’experts du GEES, cette étude nous apprend donc que la grande majorité de la population n’est pas protégée contre le coronavirus et que l’immunité collective est très loin d’être atteinte dans notre pays.

‘Avec le déconfinement, le gouvernement doit aussi tenir compte la population qui est encore vulnérable face au virus’, a ainsi souligné Pierre Van Damme, dont les propos sont relayés par Belga. L’épidémiologiste met en garde les autorités sanitaires contre un possible second pic d’infections. ‘Il s’agira donc de détecter très précisément les contacts des nouveaux cas, afin qu’un petit incendie puisse être éteint immédiatement’, suggère-t-il.

La France ne fait guère mieux

Pour rappel, on parle d’immunité collective quand un certain pourcentage des individus d’une population est immunisé contre un virus, ce qui permet d’enrayer une épidémie. Dans le cas du nouveau coronavirus, on parle d’environ 60% de la population qui devrait être immunisée, voire 70%.

Nos voisins français, qui ont choisi d’appliquer un confinement encore plus strict que chez nous, ne font guère mieux que la Belgique. Selon des estimations effectuées par l’Institut Pasteur, moins de 6% des Français auront été infectés par le coronavirus, et donc auront développé des anticorps, au moment du déconfinement prévu au début du mois de mai.

Un pari risqué

La Suède, contrairement à d’autres pays, n’a, elle, pas imposé de confinement face à la pandémie de coronavirus.

Résultat: ‘Dans de grandes parties de la Suède, autour de Stockholm, nous avons atteint un plateau (dans les nouveaux cas) et nous constatons déjà l’effet de l’immunité collective et dans quelques semaines, nous en verrons encore plus les effets. Et dans le reste du pays, la situation est stable’, a affirmé à CNBC Anders Tegnell, l’épidémiologiste en chef du pays.

Cependant, une telle stratégie n’est pas sans risque et peut se révéler plus couteuse en vies humaines, en particulier au sein des groupes à risque.

L’approche de l’immunité collective avait dans un premier temps été tentée par le Royaume-Uni, qui a fini par opter pour la stratégie du confinement face aux projections alarmantes du nombre de décès engendrés par cette première approche, perdant au passage un temps précieux… Le pays affiche aujourd’hui un bilan officiel de plus de 20.000 morts. Un article du très sérieux Financial Times parle même de plus de 40.000 décès.

On parle également de l’immunité collective comme d’une stratégie qui pourrait être gagnante dans les pays ‘jeunes’, comme l’Inde. Avec une très large partie de la population qui n’est pas jugée à risque, ces nations pourrait tenter d’enrayer l’épidémie de cette manière, et à moindre coût pour leur économie.

Enfin, signalons encore qu’il subsiste des doutes quant à l’efficacité de l’immunité face au covid-19. Plusieurs cas de réinfections ont été rapportés, sans qu’on ne sache pour l’instant s’il s’agit d’un problème de test ou d’une véritable rechute. Ce deuxième scénario pourrait mettre en péril toute la stratégie de l’immunité collective contre la pandémie.

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