Principaux renseignements
- Le gouvernement De Wever prévoit de céder une participation de 20 pour cent dans Belfius pour plus de 2 milliards d’euros.
- Georges-Louis Bouchez (MR) exige une fusion avec Ethias pour empêcher cette cession.
- Il subsiste une tension entre le développement d’acteurs nationaux solides et l’attraction de capitaux étrangers.
Le gouvernement De Wever s’apprête à lancer officiellement ce samedi la cession partielle de Belfius, rapporte De Tijd. Cette opération, désignée en interne sous le nom de code « Falcon », vise à vendre une participation minoritaire de 20 pour cent dans la banque publique. Le gouvernement a l’intention de céder cette part directement à un ou plusieurs acquéreurs, une initiative qui pourrait rapporter plus de 2 milliards d’euros au Trésor.
Opposition politique
Alors que le gouvernement prévoit de finaliser les critères de la transaction et de faire une annonce publique, le processus se heurte à l’opposition de Georges-Louis Bouchez, chef du MR.
Bouchez a posé comme condition que la vente ne puisse avoir lieu que si le gouvernement se penche simultanément sur une éventuelle fusion entre Belfius et l’assureur public Ethias. Il prévient que les libéraux francophones refuseront d’approuver la privatisation si cette condition n’est pas remplie.
Scepticisme face à la fusion
La proposition de fusionner Belfius et Ethias – deux entités détenues par l’État – est accueillie avec scepticisme par plusieurs membres du gouvernement et par les entités elles-mêmes. Bien qu’il ait été suggéré de transférer les actions d’Ethias de la holding fédérale SFPIM à Belfius, aucune des deux organisations n’a manifesté d’intérêt.
Malgré ce manque de soutien, Bouchez reste ferme sur sa position. Il fait valoir que la Belgique a besoin de « champions nationaux » pour garantir que la prise de décision stratégique reste au sein du pays, ce qu’il juge essentiel pour financer des projets d’infrastructure de grande envergure, tels que de nouvelles centrales nucléaires. Il a exprimé le souhait de mettre un terme à la tendance consistant à céder les actifs d’entreprise les plus précieux du pays à des intérêts étrangers.
Acheteurs potentiels
Ces derniers mois, des discussions préliminaires ont eu lieu avec divers investisseurs potentiels, notamment le Crédit Agricole, Rabobank, ING et CVC Capital. Parallèlement, Belfius a engagé des pourparlers avec de riches familles belges en vue d’une opération d’ancrage.
Cependant, certaines sources gouvernementales restent méfiantes à l’idée d’introduire une concurrence étrangère, même s’il n’est pas certain que les investisseurs privés nationaux puissent réunir à eux tous les 2 milliards d’euros nécessaires.
(at)
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