Principaux renseignements
- Le Bureau fédéral du Plan a fourni une boîte à outils comprenant 250 options pour aider la Belgique à réaliser 7 milliards d’euros d’économies.
- Les propositions des experts comprennent des hausses de la TVA, un double imposition des revenus et la vente d’actifs publics.
- Les désaccords entre les partis au pouvoir laissent présager des négociations difficiles.
Pour remédier à la situation budgétaire précaire de la Belgique, le Bureau fédéral du Plan a compilé un répertoire complet de plus de 250 solutions budgétaires potentielles. Cet ensemble de suggestions, provenant de la Banque nationale, du Conseil supérieur des finances et de divers organismes universitaires, sert de boîte à outils polyvalente pour l’administration.
7 milliards d’euros
Le Premier ministre Bart De Wever cherche actuellement à réaliser des économies d’un montant total de 7 milliards d’euros. Baudouin Regout, commissaire du Bureau fédéral du Plan, a souligné que l’organisation restait une entité neutre. Elle a fourni une liste de possibilités sans préconiser de voie spécifique, laissant au gouvernement le soin de prendre toutes les décisions exécutives finales.
Le catalogue d’idées comprend environ 230 initiatives proposées par des experts et 30 points tirés d’analyses de programmes électoraux antérieurs.
Restructuration de la TVA et l’indexation des salaires
Parmi les principales suggestions figure une restructuration de la TVA. Certains experts préconisent de relever les taux actuels de 6 pour cent et 21 pour cent à des niveaux légèrement supérieurs, tels que 7-8 pour cent et 22-23 pour cent. Il est également suggéré de s’inspirer du modèle néerlandais (9 pour cent et 22 pour cent) afin de mieux harmoniser les liens économiques entre les deux pays voisins.
Une attention particulière a été accordée à la question politiquement sensible de l’indexation automatique des salaires. Les stratégies proposées vont d’un « saut d’index classique », où un ajustement prévu est sauté, à la modification du « centenindex » concernant l’impact des coûts des combustibles fossiles sur les calculs de l’inflation. Alors que certains experts soutiennent que l’indexation doit être préservée pour protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et stabiliser les déclarations fiscales, d’autres propositions suggèrent des changements plus radicaux dans la manière dont les prestations et les salaires sont ajustés.
Réforme fiscale
La fiscalité et la gestion des actifs sont également au cœur du débat. Une recommandation majeure est la mise en place d’un double impôt sur le revenu, qui appliquerait un taux forfaitaire — potentiellement compris entre 20 pour cent et 25 pour cent — à tous les revenus générés par les actifs, tels que les loyers et les dividendes. De plus, certains experts suggèrent que le gouvernement devrait soit reporter, soit supprimer purement et simplement les réductions d’impôts précédemment promises.
Pour alléger la dette à long terme, la vente d’actifs publics importants, souvent qualifiés de « joyaux de la couronne » de Belgique, a été proposée.
Ajustements dans les secteurs de la santé, de l’armée et des retraites
Dans d’autres secteurs, les experts suggèrent une réduction générale de 10 pour cent des subventions, des plafonds de croissance plus stricts et une augmentation des tickets modérateurs au sein du système de santé. Alors que le budget militaire devrait être examiné sous l’angle du retour sur investissement, le système de retraite a fait l’objet de très peu de suggestions de nouvelles coupes. Cela s’explique probablement par le fait que les réformes récentes ont déjà résolu de nombreux problèmes, tels que le plafonnement des retraites les plus élevées. Toutefois, un changement à long terme plus radical, passant d’un modèle par répartition à un système par capitalisation, a été évoqué.
Par ailleurs, des voix s’élèvent pour demander aux gouvernements régionaux et locaux de Belgique d’apporter un soutien financier accru au niveau fédéral, éventuellement par le biais d’une nouvelle loi de financement. Malgré l’étendue de ces options, les rapports suggèrent que le gouvernement a réagi avec froideur à cette liste. Compte tenu des tensions existantes entre les partenaires de la coalition, parvenir à un consensus sur ces mesures sera difficile. Le Bureau de la planification met en garde contre le fait que des retards pourraient repousser ces décisions budgétaires cruciales au-delà de la fête nationale du 21 juillet.
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