Les Belges signalent moins de troubles physiques sur le lieu de travail grâce à la loi sur l’ergonomie


  • Un quart des travailleurs en Belgique qui exercent un métier pénible souffrent d’inconforts physiques lors des mouvements.
  • Pour la première fois en cinq ans, le nombre de plaintes n’augmente pas. Dans la plupart des secteurs pénibles, il diminue même.
  • C’est très probablement grâce à la loi sur l’ergonomie introduite il y a deux ans.

Mensura analyse chaque année les données des contrôles annuels des travailleurs exerçant des emplois pénibles et à risque. Pour la première fois depuis 2021, le nombre de travailleurs souffrant de plaintes physiques en Belgique n’a pas augmenté. Cette analyse annuelle montre que 25 pour cent des 280 000 travailleurs examinés dans des secteurs à risque, tels que le travail de nuit, le travail physique lourd ou des secteurs avec une exposition accrue au bruit, souffrent d’une ou de plusieurs affections physiques.

Travail physique lourd

C’est exactement le même pourcentage que l’année précédente, après plusieurs années où les plaintes physiques ont fortement augmenté. Entre 2021 et 2024, le nombre de travailleurs souffrant de plaintes physiques est passé de 18,2 pour cent à 25,2 pour cent. 30 pour cent des malades de longue durée sont absents en raison de problèmes musculaires et articulaires. Le travail physique lourd est la principale cause de ces problèmes.

Dans le secteur de la construction (28,8 pour cent) et l’industrie alimentaire (27,2 pour cent), le plus grand nombre de travailleurs souffrent de plaintes physiques. Dans ces deux secteurs, le nombre de travailleurs avec des plaintes a cependant diminué au cours des deux dernières années, respectivement de 5,6 et 6,2 pour cent. Dans le secteur logistique et les soins, des secteurs traditionnellement physiquement exigeants, les chiffres sont restés stables. Dans l’enseignement aussi, les plaintes physiques reviennent au niveau de 2021.

Dos, épaules et cou

La plainte la plus fréquemment rapportée est la douleur dans le bas du dos. Près d’un employé sur cinq en souffre. Il est remarquable que la part des plaintes de dos ait diminué de 3,2 pour cent l’année dernière. Les plaintes aux épaules (5,5 pour cent) et au cou (4 pour cent) ne diminuent pas immédiatement, mais restent stables. Selon Gerrit Pollentier, responsable Ergonomie chez Mensura, la lombalgie peut être évitée non seulement par de bonnes conditions de travail, mais aussi en misant sur un mode de vie sain: « Un travail sain et ergonomique renforce à la fois le bien-être physique et mental. »

Il est également remarquable que les travailleurs sur écran constituent un groupe à risque pour les douleurs lombaires ainsi que pour les douleurs au cou et aux épaules. Dans ce groupe, les chiffres des plaintes physiques sont même nettement plus élevés que dans d’autres professions physiquement plus exigeantes. Malgré, ou justement à cause de leur profession sédentaire, plus de la moitié souffrent de douleurs dorsales, près d’un sur deux a des douleurs au cou et chez plus d’un sur trois, le problème se situe aussi dans les épaules. Ici aussi, les plaintes sont moins fréquentes qu’il y a trois ans.

Loi sur l’ergonomie

La diminution des plaintes est très probablement due à la loi sur l’ergonomie, qui a été introduite il y a deux ans. Depuis le 25 mai 2024, les employeurs sont obligés d’aborder de manière préventive et structurée les troubles musculosquelettiques (TMS). Les entreprises doivent faire réaliser une analyse des risques liés aux risques ergonomiques, tels que le levage, la poussée, les mouvements répétitifs ou la position assise/debout prolongée. De plus, lors de la conception et de l’aménagement des postes de travail, des principes ergonomiques doivent être intégrés.

Selon Pollentier, il reste cependant du travail à faire : « Chaque euro qu’une entreprise investit dans une meilleure santé sur le lieu de travail rapporte en moyenne près de deux euros à l’organisation. Certaines entreprises ont vraiment pris conscience de l’enjeu, mais les chiffres du gouvernement montrent que 70 % des entreprises n’ont pas encore réalisé ou n’ont qu’une analyse ergonomique incomplète, alors que cela devrait justement être le point de départ pour des mesures ciblées. »

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