Principaux renseignements
- La Russie modernise activement ses bombardiers Tu-160M Blackjack vieillissants à l’aide de nouvelles technologies afin de prolonger leur durée de vie et leur efficacité au combat.
- Bien qu’il ne dispose pas de capacités furtives, le Tu-160M peut être rendu plus pertinent dans la guerre moderne en intégrant des armements avancés tels que des missiles hypersoniques et des missiles de croisière à longue portée.
- L’exemple de la modernisation du B-52 Stratofortress par l’US Air Force met en évidence le potentiel des appareils plus anciens à rester des atouts précieux grâce à des mises à niveau continues.
Le bombardier russe Tu-160M Blackjack, conçu à l’époque soviétique et aujourd’hui vieillissant, fait l’objet d’importantes mises à niveau afin de conserver sa pertinence dans la guerre moderne. Cela intervient alors que le développement du bombardier furtif russe PAK DA, destiné à rivaliser avec le B-21 Raider américain, est confronté à des retards.
Modernisation
Le Tu-160M, un bombardier stratégique à longue portée, peut emporter jusqu’à six missiles de croisière Kh-55SM, chacun capable de transporter soit une ogive thermonucléaire de 200 kilotonnes, soit une ogive conventionnelle à fragmentation hautement explosive.
À l’instar du B-52 Stratofortress américain, qui a bénéficié de mises à niveau continues prolongeant sa durée de vie, le Tu-160M fait l’objet d’améliorations telles qu’un nouveau système de navigation, une technologie de pilotage automatique de nouvelle génération et un moteur NK-32 amélioré. D’autres modifications comprennent des équipements de brouillage, un cockpit numérique et le radar avancé NVI-70.
Plans d’expansion de la flotte
La Russie vise à produire environ deux nouveaux Tu-160M par an, portant la taille de la flotte à dix appareils d’ici 2027. Si la grande capacité de charge utile du Tu-160M et sa ressemblance avec le bombardier américain B-1B constituent des avantages, il ne dispose pas des capacités de furtivité indispensables dans les environnements de combat modernes.
Malgré cette limitation, l’expérience de l’US Air Force avec le B-52 démontre que des appareils plus anciens peuvent rester viables grâce à des mises à niveau et une modernisation approfondies. Le B-52 a subi des transformations comprenant un nouveau moteur, un cockpit numérique, une soute à armes interne réaménagée et des technologies de communication avancées. Ces améliorations ont considérablement accru sa capacité de bombardement et ouvert la voie à l’intégration future de drones, de missiles hypersoniques et de lasers.
Kinzhal
L’application d’innovations similaires au Tu-160M pourrait renforcer sa pertinence dans la guerre contemporaine. L’intégration de capteurs à plus longue portée et d’armements capables de cibler les défenses aériennes et les cibles au sol à distance pourrait compenser son manque de furtivité. De plus, équiper le bombardier d’armes hypersoniques lancées depuis les airs et de missiles de croisière antinavires à longue portée comme le Kh-47M2 Kinzhal lui permettrait de menacer des cibles auparavant inaccessibles.
Le Kinzhal, déjà déployé en Ukraine contre des installations de stockage d’armes et des dépôts de munitions, est capable d’atteindre des vitesses allant jusqu’à Mach 10, mais suit une trajectoire de missile balistique plutôt qu’une véritable manœuvre hypersonique. Cette limite a été mise en évidence par l’interception réussie d’un Kinzhal par l’Ukraine à l’aide d’un système de défense aérienne à missiles Patriot.
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