Entretien avec Ben Weyts (N-VA) : « Avec davantage de compétences fiscales, la Flandre pourrait mieux mener sa politique »

En tant que ministre flamand des Finances et du Budget, Ben Weyts (N-VA) doit relever le défi de rééquilibrer le budget de la Flandre l’année prochaine. Lors d’un bref entretien avec BusinessAM, il revient sur la situation financière, explique ses autres compétences et évoque également sa participation à Celebrity MasterChef Vlaanderen.

Budget flamand

Tant au niveau fédéral que régional, les budgets doivent être sains. L’accord de gouvernement prévoit un équilibre budgétaire d’ici 2027. Est-ce encore réalisable ?

Notre objectif en Flandre reste d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2027. Nous mettons tout en œuvre pour atteindre cet objectif. Bien sûr, cela reste un défi, mais les comptes doivent être en ordre. Tout déficit représente une charge supplémentaire pour les Flamands d’aujourd’hui et de demain. Plus nous repoussons l’équilibre budgétaire, plus la dette et les charges d’intérêts s’alourdissent. Il est temps de
rétablir des finances saines, afin de pouvoir à nouveau constituer des réserves pour faire face à de futures crises.

Ne pensez-vous pas que la Flandre souffre d’une « dépendance aux subventions » et qu’il faudrait y faire davantage d’économies ?

Oui, je trouve que la Flandre accorde parfois trop de subventions, même si une grande partie de celles-ci est consacrée à des causes utiles, comme les maisons de repos ou les écoles. Ce gouvernement passe au peigne fin le registre des subventions et en supprimera une bonne partie, mais avec prudence : les bons investissements seront maintenus. Malheureusement, la Flandre dépend souvent des subventions comme l’un des rares instruments dont elle dispose pour mener une politique.
Il serait bien préférable que la Flandre dispose de plus de compétences fiscales ; nous pourrions alors mener nos politiques de manière plus efficace.

Où trouveriez-vous l’argent ?

C’est un débat que nous menons au sein du gouvernement. Bien sûr, je pense que nous devons examiner les dépenses publiques d’un œil très critique.

Vous avez récemment mis en place une nouvelle méthode de calcul de la dette flamande. Cela ne revient-il pas à présenter des chiffres trop optimistes ?

Non, nous utilisons désormais la même méthode que le gouvernement fédéral et d’autres régions en Europe. Cela nous permet de comparer notre budget de manière cohérente. Bien sûr, nous continuons à communiquer les chiffres absolus en toute transparence : aucun chiffre n’est donc dissimulé. Le débat porte uniquement sur la manière dont on mesure la dette.

Bien-être animal

Le bien-être animal relève de votre compétence depuis déjà plusieurs législatures. Vous avez mis en œuvre l’interdiction de l’abattage sans étourdissement. Que reste-t-il à améliorer en matière de bien-être animal en Flandre ?

Au cours des dix dernières années, nous avons fait de grands progrès en matière de bien-être animal en Flandre. Citons notamment l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, l’arrêt de l’abattage à domicile, la suppression progressive des cages pour poules d’ici 2036 et l’obligation de mettre à l’abri les animaux de pâturage à partir de 2029. Nous contrôlons plus strictement, intervenons plus souvent et encourageons les adoptions. L’année dernière, quelque 20 000 animaux ont trouvé un nouveau foyer. Mais nous n’y sommes pas encore. La prochaine étape se situe au niveau européen, car de nombreux problèmes ne s’arrêtent pas à la frontière. Le commerce international de chiots et les transports de bétail exigent une approche commune. C’est pourquoi nous voulons également réaliser davantage de progrès dans ce domaine.

Périphérie flamande

Vous êtes vous-même originaire du Brabant flamand, également compétent pour la périphérie flamande. Quelle est la priorité de cette politique ?

La périphérie flamande connaît des défis spécifiques, notamment en raison de l’urbanisation et de l’afflux de Bruxellois. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur le caractère flamand et vert de la région. Nous investissons dans des projets qui soutiennent le néerlandais et dans des initiatives de verdissement. Depuis 2019, 275 000 arbres ont ainsi été plantés. Par ailleurs, nous soutenons divers projets qui répondent aux défis spécifiques de la Périphérie. Il s’agit en effet de ma propre région et c’est donc quelque chose qui me tient particulièrement à cœur.

Quelle est l’ambiance au sein du gouvernement flamand ? On y assiste souvent à des disputes ouvertes, pour ainsi dire. L’ambiance restera-t-elle bonne dans les années à venir ?

Le gouvernement flamand aborde des thèmes difficiles dans un contexte budgétaire exigeant. Cela signifie qu’il y a parfois des discussions animées, mais au final, nous parvenons toujours à des décisions consensuelles. En soi, il n’y a aucun problème à avoir des échanges vifs, tant que cela reste sur le fond et tant que nous parvenons ensuite à conclure des accords. Pour l’instant, le gouvernement flamand y parvient toujours très bien.

Zuhal Demir

Les relations entre vous et Zuhal Demir sont-elles également bonnes ? Elle souhaitait tellement devenir vice-ministre-présidente en raison du score qu’elle a obtenu.

Oui, j’ai de bonnes relations avec tous mes collègues ministres et Zuhal est depuis longtemps une collègue de parti et donc une alliée.

Vous participez également à Celebrity Masterchef Vlaanderen. Cuisinez-vous souvent chez vous ?

Pas assez, même si j’aimerais le faire un peu plus souvent.

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